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La grande révolution du théâtre genevois

Comédie, Pavillon de la danse, Théâtre de Carouge: le CEVA de la scène arrive!

Sur la façade de la nouvelle Comédie se reflète un quartier, mais aussi un futur!
Sur la façade de la nouvelle Comédie se reflète un quartier, mais aussi un futur!
NIELS ACKERMANN

«Un train peut en cacher un autre», lisait-on aux passages à niveau des campagnes françaises. L’ouverture de la nouvelle Comédie, à quelques mois à peine de la mise en service du Léman Express, confirme ce proverbial constat. Sur les rails des arts vivants genevois, l’année qui commence fait jaillir au moins autant d’étincelles que l’huile versée sur la mobilité régionale n’a allumé d’étoiles dans les yeux des pendulaires. Pour la profession comme pour le public des théâtres du bout du lac, 2020 annonce mieux que le millénaire d’il y a vingt ans: le début d’une nouvelle ère. Qui promet de propulser Genève au rang de plaque tournante parmi les scènes européennes.

La conductrice de locomotive Natacha Koutchoumov, chargée avec son coéquipier Denis Maillefer de diriger l’aiguillage du boulevard des Philosophes à la gare des Eaux-Vives, ne dira pas le contraire. «Ça fait des années qu’on attend ce moment, s’exclame-t-elle. 2020, c’est l’intitulé de toutes nos réunions depuis 2017!» Celle qui personnifie la charnière entre deux époques ajoute que «la réalité du bâtiment est maintenant là, nous faisons nos adieux à ces Philosophes qui ont abrité tant d’émotions, d’artistes, de fictions». Pas de nostalgie dans son timbre, mais le vertige de qui convoie l’histoire.

Une fabrique de spectacles

«On a enfin la sensation physique de la transformation qui s’opère à Genève. La ville devient soudain grande», constate la cheminote. Et d’embrayer: «On a hâte d’intégrer cette nouvelle Comédie, qui sera à la fois un nouveau bâtiment, un nouveau théâtre, un nouveau lieu de ville et de vie.» Les spectacles eux-mêmes y seront évidemment différents de ceux présentés chez la vieille dame près du rond-point de Plainpalais: sur un plateau comme ailleurs, l’infrastructure dicte ses lois. En l’occurrence, plus d’espace, plus de moyens techniques, plus d’adaptabilité. Et surtout, la concentration sur une seule adresse de toutes les activités liées à la création. Natacha Koutchoumov: «La population découvrira une véritable manufacture de théâtre, avec ses ateliers, ses corps de métiers accessibles au cœur de la cité, ses deux salles prêtes à déployer ses nouveautés. Les gens pourront se dire: c’est là qu’on fabrique toutes ces choses!» La codirectrice l’admet fièrement, «mener ce projet pour lequel nous avons été nommés, être dans ce train-là donne lieu à un sacré voyage intérieur».

Avant même l’arrivée en gare de la rame Comédie, une autre voie ferrée crissera dès la fin du mois d’août à l’ombre de l’église russe. Des années de mobilisation de la part de l’Associations pour la danse contemporaine auront en effet abouti à l’édification du Pavillon de la danse en cette année 20 du siècle courant. La copilote de l’ADC (avec la chorégraphe Cindy Van Acker), Anne Davier, commente cette victoire: «Je passe tous les jours à vélo devant la place Sturm, depuis quinze ans, ce qui a donné lieu à beaucoup de rêveries. Voir aujourd’hui se dresser le Pavillon, arpenter ses différents espaces, expérimenter ses volumes, me laisser surprendre par tout ce bois, par la lumière du soir, par le vent qui vient cogner contre le bâtiment, tout cela permet d’entrer enfin dans une dimension concrète que ni les plans des architectes, ni les imaginaires n’avaient pu ouvrir jusque-là. Accueillir des artistes, recevoir du public, travailler enfin dans un lieu fait pour la danse, ça donne de l’élan, ça rend créatif et procure une immense joie.»

Le ciment de la saison

Sans quitter encore la saison 2020-2021, mais après le virage du nouvel an, ce sera ensuite au Théâtre de Carouge de quitter le quai éphémère (et non moins attractif) de la Cuisine pour regagner sa plateforme permanente (entièrement reconstruite) au 39 de la rue Ancienne. Le départ sera sifflé en mars, l’arrivée au cours du printemps.

Parmi les événements prévisibles de l’aller-simple 20-21 pour le futur, on sait encore que Fabrice Melquiot, directeur plébiscité du Théâtre Am Stram Gram depuis 2012, quittera ses fonctions à la fin de la saison prochaine – et donc que le nom de son ou sa successeur(e) sera révélé dans le courant de l’année à venir.

Quant à l’électricité qui alimente le réseau en énergie, on ne saurait garder sous silence un projet artistique aussi vert que renouvelable, impliquant pas moins d’une quinzaine d’institutions genevoises ou romandes. Il s’agit d’un vaste feuilleton scénique porté par Michèle Pralong, Julie Gilbert et Dominique Perruchoud, découpé en neuf épisodes plus une intégrale, écrits par neuf auteurs ou collectifs différents, avec autant de prestigieux créateurs à la mise en scène et une même troupe de comédiens, qui circulera parmi onze salles genevoises (et une lausannoise) tout au long de la saison à compter de l’automne. L’initiative s’intitule «Vous êtes ici», exactement comme on peut le lire sur un panneau de hall de gare. En voiture, donc!

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