La Genève multiculturelle choie ses écrivains publics

Aide à l'écritureLa Croix-Rouge, la Ville, des associations et des privés, tout le monde s’y met depuis plusieurs années pour permettre aux Genevois de réussir leurs rédactions.

Le Qafé Guidoline accueille trois écrivains publics: (de gauche à droite) Olivier, Serge et Nathalie.

Le Qafé Guidoline accueille trois écrivains publics: (de gauche à droite) Olivier, Serge et Nathalie. Image: Lucien Fortunati

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Pourquoi Qafé avec Q? «Parce qu’on voudrait que nos clients prennent l’habitude de dire: «On se retrouve au QG!» répond Daniel Rinaldi. Depuis le 26 avril, cet architecte règne sur le Qafé Guidoline, au 24, rue des Pâquis (qafeguidoline.ch). La salle communique avec un magasin de vélos, à travers un couloir décoré par les artistes genevoises Marie van Berchem et Alice Izzo.

Depuis le début de septembre, une partie du café accueille une permanence d’écrivains publics assurée par une femme et deux hommes, Nathalie, Olivier et Serge, trois retraités qui se répartissent les plages horaires suivantes: lundi de 13 h 30 à 16 h, jeudi de 9 h 30 à 12 h.

«Nous répondons à toutes les demandes de rédaction, sauf celles ayant un caractère juridique», précise Olivier. C’est la limite que s’imposent généralement les écrivains publics genevois, pour ne pas se substituer aux permanences juridiques de la place. «Il y a bien d’autres demandes auxquelles nous pouvons répondre: aide à la rédaction de lettres administratives concernant le logement ou les assurances, de lettres de motivation pour un emploi», précise Olivier.

«Pouvoir s’adresser à quelqu’un dans ce café de quartier intéressera ceux qui hésitent à s’adresser à un bureau plus officiel», explique Daniel Rinaldi. «En plus, il n’y a pas de tarification, on peut donner ce qu’on veut.» D’autres lieux ont déjà fait leurs preuves à Genève. Principalement le Centre d’intégration culturelle de la Croix-Rouge (voir ci-dessous) et les nombreuses permanences proposées par la Ville de Genève dans le cadre de ses actions sociales de proximité (ASP). Le plus souvent sur rendez-vous (ndlr: sauf aux Points info de la Servette et de Plainpalais, voir plan), un ou une bénévole répond aux demandes du public.

Des associations comme Espace solidaire Pâquis (au temple de Pâquis) ou Carrefour-Rue proposent aussi ce genre de coup de main. C’est chez Noël Constant que Giovanni Errichelli a débuté. Il est l’un des rares écrivains publics professionnels à Genève. «J’en vis, mais avec de très petits besoins», témoigne cet ancien employé de l’État de Genève, qui s’est recyclé il y a quelques années dans l’écriture. Il est désormais à son compte à la Servette, à l’enseigne de Léman-Plume Services (www.lps-ge-ecrivainpublic.com).

«J’ai suivi une formation d’écrivain public en France, par le biais de l’Académie des écrivains publics de France, et je suis titulaire du certificat Voltaire d’orthographe. C’est la moindre des choses d’avoir une orthographe parfaite quand on fait ce métier. Mon service est payant, mais il est aussi plus personnalisé que dans d’autres structures. Je réponds bien sûr à des demandes de rédaction de lettres administratives, de lettres de motivation et autres, mais je fais aussi de la relecture de travaux écrits plus importants. J’ai pour client un auteur congolais vivant en Suisse, dont je relis et corrige le projet de livre de 360 pages! Je refuse d’écrire des lettres d’amour ou des poèmes de circonstance, c’est trop personnel. En revanche, j’ai rédigé un éloge funèbre et le discours de départ à la retraite d’une Hawaïenne de Genève!» se souvient Giovanni Errichelli.

S’il ne veut pas relayer l’inspiration poétique des autres, il fait fleurir la sienne à l’enseigne des Poètes de la Cité: «Consonnes austères/Voyelles légères/Vous qui coulez/À l’encre de la plume…»


La Croix-Rouge pionnière

«À Genève, il faut tout faire par écrit», fait remarquer Adriana Mumenthaler, la responsable du Centre d’intégration culturelle de la Croix-Rouge genevoise. «D’où le besoin de tant d’habitants de cette ville de se faire aider quand il s’agit de rédiger quelque chose. La population genevoise et la demande augmentant en proportion, la Ville et différentes associations ont mis sur pied elles aussi ce genre de service, mais la pionnière, c’est la Croix-Rouge.»

La permanence d’Adriana Mumenthaler se trouve au sous-sol du bâtiment de la salle communale de Plainpalais, au 50, rue de Carouge. «J’ai connu moi-même cet embarras qui vous saisit quand il s’agit de faire la moindre démarche par écrit. Je suis de langue maternelle espagnole», précise la responsable du Centre d’intégration culturelle. Plus d’une douzaine de bénévoles d’âges et de milieux professionnels variés, retraités ou non, se relaient pour aider gratuitement à écrire des lettres officielles, des condoléances, des cartes de vœux.

«Je me souviens d’une grand-mère qui voulait écrire à ses petits-enfants en français, c’était très touchant de l’aider. Les langues avec lesquelles il faut travailler sont nombreuses. Après les hispanophones, nous recevons maintenant des arabophones, des Africains de différentes provenances, des Afghans…» (TDG)

Créé: 11.09.2018, 20h07

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