Genève, à la fois scène et gradins

Fête du théâtreCe week-end, le théâtre se démocratise à travers la ville!

Avec «Manto», la Cie Les Malles occupera dimanche la rue Lissignol, dans le cadre d’un festival dans le festival, La Cour à Germaine.

Avec «Manto», la Cie Les Malles occupera dimanche la rue Lissignol, dans le cadre d’un festival dans le festival, La Cour à Germaine. Image: MATHIEU DEMULDRE

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De vendredi à dimanche, on ne regardera pas la Cité de Calvin de la même manière. Chaque mur apparaîtra comme l’élément d’une scénographie, chaque pékin semblera sortir d’une troupe, chaque phrase entendue sonnera comme une réplique. Participant malgré soi au théâtre de la vie, on cherchera son metteur en scène à chaque coin de rue. En deux mots, la dramaturgie prendra possession du territoire.

Pour ne pas déchoir au rang de simple accessoire, on fera bien d’aller sciemment à la rencontre de la Fête du théâtre. En plus d’un accès facilité à ce qui se trame de toute façon derrière la porte des institutions (spectacles à l’affiche, décors existants recyclés en vue d’impros, répétitions publiques, visites, portes ouvertes coïncidentes…), elle regorge de trouvailles affriolantes.

Hodler dans le texte

En voici un aperçu, des plus usuelles aux plus saillantes. Des ateliers (écriture, jeu, masque, présence scénique ou beatbox) essaimeront comme à chaque édition dans les salles, ponctués çà et là de lectures (en anglais, à deux voix ou d’un même «Lear» sous différentes formes). Hors les murs, parfois même dans l’espace public extérieur, se répandront bien sûr toutes sortes de performances. Tandis que Joane Reymond célébrera le 20e anniversaire de sa compagnie Mine de rien à Plainpalais ou à Belle-Idée, l’artiste Latifa Djerbi et ses acolytes déambuleront à Carouge avant de faire culminer leur «intervention urbaine» à La Cuisine, cette structure éphémère qu’occupera le Théâtre de Carouge pendant la réfection de sa maison mère. La codirectrice du Théâtre Spirale, Michele Millner, fera quant à elle vibrer la cafétéria des HUG d’un multigénérationnel et multiculturel «Chœur des femmes».

Tout juste remplacé au Théâtre Saint-Gervais, Philippe Macasdar ira, lui, au Musée d’art et d’histoire, accompagné de la médiatrice Isabelle Burkhalter, commenter les tableaux de Ferdinand Hodler. Mais attention, ce «Fantôme du maître» qui rôde en cet automne centenaire n’emploiera dans sa pochade que des mots prononcés par le peintre. L’ex-directeur redevient comédien, tout en prolongeant une visite inaugurée par le duo Claude-Inga Barbey-Doris Ittig, qu’il avait en son temps programmée.

Limier, mécène ou critique

Au rayon des événements plus insolites, on citera ce «Cluedo géant» et participatif organisé dans l’enceinte de la Comédie: sept équipes de six personnes mèneront l’enquête à travers un lieu de crime destiné à déménager aux Eaux-Vives. Mieux encore, on attirera l’attention sur ce dispositif apte à conscientiser le contribuable en matière de subventionnement culturel: «Jouez les mécènes!» Il s’agira, samedi à la Fondation L’Abri, de financer soi-même, grâce à une portion de l’enveloppe offerte par un «vrai» bienfaiteur, l’une ou l’autre des 20 pièces présentées en deux temps trois mouvements par leurs concepteurs émergents. Chacun choisira son poulain, et six lauréats verront leur projet sélectionné pour le festival C’est déjà demain.8, qui aura lieu au printemps 2019 sur le plateau du Loup.

Fût-il besoin de souligner la mission médiatrice de la Fête du théâtre, mentionnons cette initiative plus confidentielle, qui mobilise une petite dizaine d’étudiantes de l’Université ouvrière de Genève. Eiko, Eldy, Gisela ou Fe ont en effet été préparées à poster sur Facebook leurs critiques en bonne et due forme des spectacles programmés qu’elles auront glanés.

Enfin, pour la dimension festive de la manifestation, on ne saurait omettre «Fantástica, fantástica esta fiesta!» toute la nuit de samedi à dimanche, qui secouera le sous-sol du Grütli. Les comédiens Céline Nidegger et Bastien Semenzato s’y déchaîneront pour arbitrer simultanément un tournoi de foot entre équipes réduites de théâtreux et le défilé de mode qu’occasionneront les looks des joueurs. Délire assuré avant le DJ Set.

Fête du théâtre Un peu partout à Genève, du 12 au 14 oct., programme détaillé sur www.fetedutheatre.ch

Créé: 09.10.2018, 19h36

Lissignol fait la fête au carré

Au cœur du quartier de Saint-Gervais, les murs s’effondreront dimanche. Pas au sens propre, qu’on se rassure, mais au sens scénique, puisque le théâtre de rue qui y sera à l’honneur abolit toute forme de cloison pour mieux interagir avec la populace!

Née d’une initiative non institutionnelle, «La Cour à Germaine» réunit six propositions rémunérées au chapeau, qui couvrent les territoires tant du cirque, de la chanson, de l’illusionnisme que du spectacle. Parmi les troupes amenées à égayer un jour du seigneur annoncé gris, trois suisses et trois hexagonales.

Dès 11 h, la compagnie genevoise Mine de Rien, 20 ans au compteur, revisitera la chanson française en faisant tirer les titres au sort. Rebelote en fin de journée, quand sa comédienne Joane Reymond revisitera le conte de «Blanche-Neige». À 11 h 45, un magicien alsacien brandira ses cartes sous sa tente à roulettes. De 13 à 17 h, un atelier circassien sera ouvert à tous les saltimbanques frustrés. Deux fois dans l’après-midi, un couple âgé retrouvera sa jeunesse grâce à de poétiques marionnettes portées. Enfin à 15 h 15, un farceur performera de dérisoires exploits devant son volumineux frigo.

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