Foofwa d’Imobilité rouvre la marche de la danse vers sa liberté

DanseA la Comédie, «/Utile: Redonner corps» dérive de l’histoire chorégraphique un feu d’artifice graphique.

Huit danseurs tracent les lettres de la modernité chorégraphique dans «Redonner corps».?

Huit danseurs tracent les lettres de la modernité chorégraphique dans «Redonner corps».? Image: GREGORY BATARDON

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«Apprendre du passé, sentir le présent, créer le futur», clame-t-il sans en rester au slogan. En créant/Utile: Redonner corps, le danseur et chorégraphe genevois Foofwa d’Imobilité (Frédéric Gaffner à la ville) joint le geste à la parole. Il donne à son credo le plumage multicolore d’un oiseau de feu dont on ouvrirait la cage. Et au public le spectacle poignant d’une libération.

L’ambitieux projet de sa compagnie Neopost Foofwa (le premier des termes collant bout à bout les préfixes latins «nouveau» et «après») s’échelonne sur trois ans, en «deux volets antagonistes et complémentaires»,/Utile et/Inutile, tous deux coproduits par La Comédie. La première de ces vagues, Redonner corps, déferle actuellement boulevard des Philosophe, portée par sept danseuses et un danseur âgés de 18 à 25 ans, frais émoulus d’une formation chorégraphique suisse, salariés pour la première fois. Mais il n’y a pas qu’eux.

La lame qui se déploie provient, à parts égales, des énergies convergentes du scénographe complice Jonathan O’Hear, dont l’écrin blanc aux contours flous prendra une à une toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Du musicien Claude Jordan – entouré en fosse par Kornelia Bruggmann (voix), Hervé Provini (percussions) et Nicolas Sordet (électronique) –, qui signe une partition à cheval entre bruitisme des années 1910 et climax sonores à la pointe de l’electro contemporaine. De la créatrice de costumes Aline Courvoisier, qui habille les jeunes interprètes de combinaisons d’inspiration cinétique. Du sculpteur Martin Rautenstrauch, dont l’imposante lampe encastrée dans une structure tournante tire sa lumière oxhydrique d’une invention du XIXe siècle. Sans compter l’apport de l’historienne Annie Suquet…

Toutes ces forces réunies accompagnent le flux de l’histoire, pour déboucher sur une cataracte d’avenir. Elles commencent, via le geste et le verbe, par s’interroger, accessoires à l’appui, sur les origines de la danse moderne, dès 1830. Les huit danseurs contextualisent les enseignements d’un François Delsarte, d’une Isadora Duncan ou d’un Ted Shawn tout en les imitant. La démonstration orale, quelque peu contrainte, se fût peut-être embourbée si, à mi-course, elle n’embrayait sur un feu d’artifice débridé, qui voit les silhouettes calligraphiques s’élancer contre les parois dans un paroxysme à la fois sonore et signifiant. «A la rencontre de l’originel et de l’original, l’étincelle du présent peut éblouir», a-t-il raison de clamer. Foofwa d’Imobilité, le ressort du progrès.?

«/Utile: Redonner Corps» La Comédie, jusqu’au 20 déc., 022 320 50 01, www.comedie.ch (TDG)

Créé: 17.12.2015, 21h16

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