Fine Arts Paris comble un vide

Tribune des ArtsLancé l’année dernière par une association de marchands parisiens, le salon dédié aux beaux-arts s’agrandit. Sa deuxième édition, en place jusqu'à dimanche, réunit 43 exposants dans l'ambiance feutrée du Carrousel du Louvre.

Vue du stand de Bailly Gallery, seule représentant genevois à la foire parisienne.

Vue du stand de Bailly Gallery, seule représentant genevois à la foire parisienne. Image: Tanguy de Montesson

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On n'est jamais mieux servi que par soi-même. Déçus par l'arrêt du Salon du Tableau, échaudés par la Biennale des Antiquaires et ses prix exorbitants, une poignée de marchands parisiens ont décidé de s'organiser pour lancer, l'année dernière, Fine Arts Paris. Un salon spécialisé, dédié à la sculpture, à la peinture et au dessin, du XVIIe siècle à nos jours. Après une première édition tenue au Palais Brongniart, la foire s'installe cette année au Carrousel du Louvre. Un déménagement stratégique qui lui permet de s’agrandir en accueillant 43 exposants (dont 19 nouveaux participants), contre une trentaine en 2017. «On nous a beaucoup incité à ne pas déménager car la Bourse est un lieu connu des amateurs des beaux-arts, mais on avait besoin d’espace», assure Louis de Bayser, président de la foire et marchand spécialisé en dessin ancien.

Un changement qui ne semble pas déplaire aux exposants. Mardi après-midi, la foire s'est ouverte dans une ambiance feutrée où la lumière tamisée donnait, par endroits, un aspect familial aux lieux. «Ce genre de scénographie permet aux gens de se projeter plus facilement», explique Charly Bailly, directeur de Bailly Gallery, seule galerie genevoise présente à la foire et qui expose sur son stand notamment une magnifique huile de Marquet, Le repos d'été, un «petit bijoux» signé Vuillard et des céramiques de Picasso. Quant aux prix, les organisateurs ont veillé à ce que les œuvres s'adressent à toutes les bourses, allant de 3000 à 300 000 euros. Parmi les incontournables du parcours, notons par exemple cette tête d’orang-outan de François Pompon à la galerie Malaquais, un dessin de Jean-François Millet chez Jill Newhouse, un autre de Puvis de Chavanne chez Talabardon & Gautier ou encore ce bronze intitulé La danse exaltée de Victor Rousseau chez Lancz Gallery.

70% de marchands français

Si pour le moment, la concentration d'exposants parisiens reste élevée, plus de 70%, la volonté du président de la foire est d'atteindre un équilibre de 50-50. «On a dû refuser des dossiers cette année, mais il y a toujours une liste de galeries qu'on aimerait voir participer un jour», admet Louis de Bayser. Si certains grands marchands n'ont pas signé pour cette deuxième édition, cruciale pour l'avenir de la foire, ils étaient les premiers à arpenter les couloirs dès l'ouverture, mardi à 15h. «Ils viennent pour voir, mais surtout pour acheter. Ce sont des marchands après tout!», ajoute le directeur. La preuve, les quatre transactions qu'il venait tout juste d'effectuer sur son propre stand, il les a conclues avec ses homologues.

On peut admirer ce bronze intitulé La danse exaltée de Victor Rousseau chez Lancz Gallery. © Tanguy de Montesson

Miser sur la sculpture

À l'image de ce qui a été fait pour le Salon du dessin, qui se déroule à Paris au mois de mars, Fine Arts Paris se voit étayée, pour la première fois cette année, par un parcours de sculptures réalisé en partenariat avec 18 institutions dont le Louvre – dont on peut visiter les réserves –, le musée Rodin ou le musée Bourdelle, sans oublier la possibilité de découvrir des ateliers et de rencontrer des artistes contemporains. Miser sur la sculpture, telle serait ainsi la stratégie pour relancer le marché de l'art ancien, en perte de vitesse depuis plusieurs années. «Si on veut garder un marché vivant, il faut que les collectionneurs aient des pièces à acheter. Et quelle meilleure visibilité pour celles-ci que celle offerte par un salon? Les marchands, comme le marché, avaient grand besoin d'un salon dédié aux beaux-arts», conclut Louis de Bayser.

Fine Arts Paris, jusqu'au dimanche 11 novembre au Carrousel du Louvre, Paris. www.finearts-paris.com

(TDG)

Créé: 08.11.2018, 13h51

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