«Feu au lac!» enflamme la plage des Eaux-Vives

AntigelLe premier «Made in» du festival a fait danser lumières et artistes à la lueur des flambeaux.

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La neige avait eu raison de sa tenue lors du week-end d’ouverture, il y a une semaine. Samedi, Thuy-San Dinh, codirectrice du festival Antigel, a remercié «les déesses de la météo» d’avoir placé «Feu au lac!» sous leurs favorables auspices. Un ciel clément et un redoux salutaire ont en effet permis à près de mille spectateurs d’assister, au crépuscule et sur le chantier de la future plage publique des Eaux-Vives, au premier des «Made in Antigel». Ces spectacles pluridisciplinaires, organisés dans des lieux insolites, sont devenus la marque de fabrique de la manifestation depuis sa création en 2011.

C’est donc tout emplie de curiosité qu’une audience familiale se presse à la tombée de la nuit devant les baraques de chantier du quai Gustave-Ador. L’impatience est nourrie doublement, par la promesse d’une aventure artistique aux flambeaux et par l’opportunité de découvrir l’avancement des travaux du futur lieu de baignade. Après un thé de menthe réconfortant, les spectateurs se voient offrir des torches, 300 au total, et sont invités à processionner en musique sur la rive caillouteuse. Un peu partout, des feux s’allument, dans des tonneaux ou à même la berge; l’éclat de toutes ces flammes fait un écho envoûtant aux scintillements de la ville de l’autre côté de la rade. Comme le constate un petit garçon, «on dirait la fête des lumières».

Mélopée folk et nageurs

Un jeu pyrotechnique annonce un premier tableau. Un quatuor grimpe sur une petite estrade installée au bord de l’onde. Deux guitares et quatre voix entonnent une mélopée folk. Dans les ténèbres, des silhouettes s’avancent, se dévêtent et entrent dans le Léman glacé. Une dizaine de nageurs, un flambeau à la main, entame un lent ballet que soulignent les chants des Quiet Islands. Alors que les «givrés» sortent de l’eau, le public est enjoint à progresser jusqu’à une deuxième scène, placée, cette fois, côté parc, entre trois pelleteuses illuminées par des spots. Une danseuse s’avance et se met à tournoyer doucement dans les fumigènes, gracile au milieu des monstres mécaniques. Des sons électroniques accompagnent la gestuelle géométrique de Daniela Zaghini, chorégraphiée par Cindy Van Acker.

Les torchères sont déjà bien entamées lorsque s’annonce le troisième acte. Toujours en cortège, l’assistance chemine le long du lac en direction de Genève-Plage. Sur une dragueuse, au milieu de l’eau, deux femmes se lancent dans une performance énergique. La musique pulse, seules leurs jambes sont éclairées. Puis, sur un air classique, une troisième artiste les rejoint. La distance rend peu aisée l’immersion dans ce spectacle imaginé par la jeune chorégraphe Judith Desse. Sur la rive, un quatrième acteur de cet «Electrum 0’003» passe à pas mesurés. Muni d’une lampe frontale et la tête comme agitée de spasmes, l’homme vêtu de blanc tient contre son ventre une planche sur laquelle reposent un ordinateur portable et une sorte de tableau de bord plein de boutons. Sur l’écran, on aperçoit la toison de «L’origine du monde» de Gustave Courbet. «Il regarde les fesses d’une dame, le monsieur», remarque judicieusement une fillette. L’intention de la saynète manque singulièrement de clarté.

Du nerf aux baguettes

Heureusement, la quatrième et ultime proposition met tout le monde d’accord, en insufflant un rythme salutaire à un événement qui, dans l’ensemble, aurait mérité un peu plus de nerf. Tout au bout du chantier, quatre batteries sur autant de podiums. Aux baguettes, Bernard Trontin, des Young Gods, Simone Aubert, Béatrice Graf et Varoujan Cheterian. Faisant résonner leurs fûts avec une énergie hypnotique et virtuose, les percussionnistes alternent solos et cadences en commun, plongeant les spectateurs dans la transe. Cymbales et caisses claires font se balancer les têtes et se trémousser les gambettes, tandis que s’embrasent, en majuscules de feu contre le ciel noir, les sept lettres d’Antigel. (TDG)

Créé: 10.02.2019, 17h59

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