Fête de la musique: 25 ans sans fausse note

ConcertsIls étaient 2000 musiciens pour la 1re édition en 92; ils seront 5400 ce week-end. Souvenirs…

la Fête dans sa version actuelle, avec, en guise de point central, la scène devant le mur des Réformateurs, aux Bastions, lieu dédié aujourd’hui à la plus grande diversité de styles, du rock au classique, des musiques du monde à la chanson (Ici, le groupe Sonalp en 2013

la Fête dans sa version actuelle, avec, en guise de point central, la scène devant le mur des Réformateurs, aux Bastions, lieu dédié aujourd’hui à la plus grande diversité de styles, du rock au classique, des musiques du monde à la chanson (Ici, le groupe Sonalp en 2013 Image: Pierre Albouy

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«Je vais te lui faire sa fête à la musique…» C’est avec cette phrase faussement vindicative, parue le 20 juin 1992 dans la Tribune de Genève, que l’illustrateur Vuillemin, auteur des Sales blagues, annonçait la tenue d’un événement d’envergure sur sol genevois: lancée onze ans auparavant à l’instigation du ministre français de la culture Jack Lang, la Fête de la musique trouvait enfin sa place au bout du lac.

Et quelle place! Pour cette première mouture, on compte déjà sur la Vieille Ville pour caser les 2000 musiciens inscrits au programme, de même que les Bastions et la place Neuve. Exactement les mêmes lieux qu’aujourd’hui. Tandis que les rues Basses, le quai du Mont-Blanc, les Halles de l’Ile et les Pâquis s’en mêlent également. Ce qui n’est plus le cas depuis longtemps. Et qu’y jouait-on? «Occidentale, orientale, métisse, tropicale, africaine, classique ou populaire», selon les mots de la Julie, la musique ayant droit de cité dans les rues de la ville reflétait le melting pop culturel d’alors, déjà bien représenté à Genève, de même que cet intérêt généralisé pour les musiques du monde entier.

Un quart de siècle plus tard, le programme reste sensiblement le même, à peine augmenté des musiques électroniques — techno, house et consorts —, que les organisateurs mettent désormais en vitrine au même titre que le rock et la chanson, les polyphonies corses ou le récital d’orgue. Une différence de taille, toutefois: des Bastions sur la rive gauche au parc Beaulieu sur la rive droite, de Carouge à Chêne-Bourg en passant par Lancy et Plan-les-Ouates — au total, onze communes du canton y participent cette année —, ce ne sont pas moins de 5400 musiciens, trois fois plus qu’en 1992, qui sont attendus du 17 au 19 juin.

Personnellement, je ne me souviens pas du tout de la première Fête de la musique: 17 ans, acnéique, les oreilles distraites, le monde s’arrêtait sur les marches du bahut. Et les examens trimestriels se poursuivaient après le week-end musical. Comme c’est toujours le cas. Dix ans plus tard, cependant, une image bien nette se dessine: en 2001, c’est la cohue devant la statue du général Dufour, place Neuve congestionnée par la foule, soleil de plomb. Sur la scène, imposante, cadrée de blanc, le groupe No Smoking Orchestra fait office de cadeau d’anniversaire, avec Emir Kusturica à la guitare. Fabuleux cinéaste, piètre musicien. Energique prestation. Et puis une 10e édition, ça se fête raisonnablement. Alors la Ville a également convié le Beau Lac de Bâle. Ce n’est pas tant que le groupe genevois soit particulièrement rare sur les scènes d’alors; au contraire, le «BLB» joue partout, et tout le temps. Mais pareil rassemblement mérite ses rassembleurs.

Aîné du groupe et auteur exclusif de ces paroles «en dialecte genevois» dont le Beau Lac de Bâle a fait son fonds de commerce, John Cipolata se rappelle «un événement mémorable» en 2001: «Dès lors qu’il y avait une grande scène quelque part, on nous demandait. Ce qui n’est plus tant le cas désormais.» Nulle rancœur, sinon le constat du temps qui passe. A ce propos, la mémoire du Beau Lac a fait son choix: «La première Fête? Je garde plus sûrement le souvenir des Clés de Saint-Pierre en 1989 ou le 700e de la Confédération en 1991, lorsque nous avons joué sur la coquille acoustique installée dans l’eau, face aux Bains des Pâquis.» Des événements de taille qui, en somme, ont habitué le citadin à l’idée qu’un grand raout culturel avec saucisses intégrées convenait finalement bien à l’esprit de Genève.

25e Fête de la musique du 17 au 19 juin. programme complet dans nos pages.

Créé: 15.06.2016, 20h25

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