Au Festival Lumière, le cinéma s’éclate dans tous les formats

CinémaFrancis Ford Coppola était l’invité d’honneur de la 10e édition de la manifestation lyonnaise.

Francis et Eleanor Coppola tournent un plan de 1895.

Francis et Eleanor Coppola tournent un plan de 1895. Image: O. CHASIGNOLE

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Samedi 19 octobre au matin, Francis Ford Coppola mettait en scène un plan inédit au Festival Lumière, dixième du nom, au centre de Lyon, tout près de l’Institut Lumière. Une nouvelle version de la «Sortie des usines Lumière», premier film de l’histoire, tourné en 1895 là où précisément le grand cinéaste œuvrait, à la rue du Premier Film. Parmi les figurants se sont glissés des comédiens connus. La veille au soir, l’immense réalisateur recevait le Prix Lumière au cours d’une cérémonie appuyée de nombreux hommages. Et quelques heures avant, il animait une master class, évoquant un projet qu’il compte mener à terme, à 80 ans: «Megalopolis», film qu’il porte en lui depuis une vingtaine d’années.

Invité d’honneur du festival, Coppola a su rendre la pareille à la ville, à la manifestation et à Thierry Frémaux, directeur comblé d’un festival qui, cinq mois après Cannes (qu’il dirige également), en constitue une manière de complément. Du 12 au 20 octobre, les hommages ont cohabité, les prix se sont succédé, les rétrospectives se sont chevauchées, les cycles se sont épanouis dans ce Grand Lyon Film Festival, au milieu d’un public ravi, des milliers de personnes qui remplissent toutes les salles du matin au soir. Cette édition 2019 était riche en tout, en invités comme en panoramas. Parmi les premiers, Gael García Bernal, Ken Loach, Marco Bellocchio, Daniel Auteuil, Donald Sutherland, Bong Joon-ho, Marina Vlady sont venus présenter leurs films, parfois sous la forme de cartes blanches, dans un mouvement de rencontre avec le public qui semblait contenter tout le monde. Au rang des cycles, on peut citer une rétrospective André Cayatte, Lina Wertmüller honorée dans l’histoire permanente des femmes cinéastes, des trésors de la Warner dans une section «Forbidden Hollywood» qui s’attelait au précode Hays, des grands classiques en noir et blanc ainsi que des trésors du muet, dont une version de deux fois trois heures trente de «La roue» d’Abel Gance, restaurée par la Cinémathèque suisse.

D’un pari qu’on peut supposer fragile, Frémaux a su transformer un rendez-vous pour cinéphiles en grande fête du patrimoine. Au point que le Festival Lumière constitue aussi un marché international du film classique, où les éditeurs, français essentiellement, présentent leurs catalogues présents ou à venir et échangent entre professionnels. Parallèlement à ce supermarché du patrimoine, des boutiques vendent Blu-ray, DVD et livres par milliers, des conférences ont lieu un peu partout, et on court du matin au soir pour tenter d’accrocher une rareté ou une projection événementielle dans son agenda.

On y croise de jeunes cinéphiles enchantés de découvrir «M le maudit» de Fritz Lang sur grand écran dans une copie superbe, tout en se hasardant à des titres plus rares, comme ce «Mind Reader» de Roy Del Ruth, quasiment plus projeté depuis 1933. La plupart des films ont été numérisés et restaurés pour le festival. Mais y circulent aussi des copies 35 mm, exemple dans la section carte blanche à Bong Joon-ho, où les raretés abondaient (telle «La femme insecte» de Kim Ki-young, 1972). Alain Chabat a également eu droit à sa fête, Scorsese a présenté «The Irishman» en première mondiale, avant sa diffusion sur Netflix et sa projection en salle à Genève, Clémentine Autain a rendu hommage à sa mère, l’actrice Dominique Laffin, et plusieurs nuits blanches (la trilogie du «Parrain», quatre films de Bong joon-ho) ou programmes spéciaux (mininuit Gaspar Noé, trilogie des zombies de Romero) ont éprouvé les capacités des plus résistants, qui se voyaient offrir le petit-déjeuner à l’aube. Pléthorique et fascinant, au point qu’on se demande si les organisateurs pourront faire mieux en 2020. On prend le pari?

Créé: 21.10.2019, 18h13

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