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Une fenêtre métaphysique aux Bastions

Mathieu Bernard-Reymond a couvert une façade bâchée pour travaux d'Uni Bastions d'une œuvre géante, fenêtre vers un monde minéral apaisé.

L'image posée sur la façade de l'aile Jura couvre une superficie de 410 mètres carrés.
L'image posée sur la façade de l'aile Jura couvre une superficie de 410 mètres carrés.
MATHIEU BERNARD-REYMOND

En longeant les allées du parc des Bastions, le regard du promeneur est soudainement troublé par une secousse chromatique de taille, qui rompt avec la verdure si dominante partout ailleurs, dans ce petit havre urbain propice à la courte promenade ou au farniente. À mi-chemin de ce qui fut un temps le Jardin botanique de la ville, posée sur la longue façade bâchée pour travaux de l’aile Jura, au cœur des Facultés des lettres et de théologie, voici une image imposante de 410 mètres carrés qu’il est impossible d’ignorer. Davantage qu’une représentation, cette grande bâche posée sur une autre bâche ouvre une fenêtre qui vous happe; elle fait éclater un paysage minéral qui suscite toutes sortes d’adjectifs. On trouvera le tout poétique et intrigant, oui; mais aussi suspendu et métaphysique. Arrêtons là l’énumération.

On doit cette œuvre à l’artiste franco-suisse Mathieu Bernard-Reymond, auteur d’une série conçue en 2002 et placée sous une bannière qui vous ramène aux certitudes de la géolocalisation: «Vous êtes ici». Les Genevois du Collectif 1m83, dont les activités visent à créer des espaces d’exposition à ciel ouvert, en interagissant avec le bâti qui les accueille, l’ont choisie pour donner des traits inusités au chantier d’Uni Bastions. Quels sont ces traits, précisément? Une courte observation permet de saisir que derrière ce paysage en apparence harmonieux, il y a des stridences discrètes qui laissent volontairement apercevoir l’artifice, le vraisemblable plutôt que le vrai. «En effet, j’ai conçu cette œuvre en me servant de logiciels utilisés spécialement dans le septième art pour fabriquer des paysages, explique Mathieu Bernard-Reymond. J’ai toujours été attiré par l’idée qu’on puisse les détourner. Ici, tout est parti du personnage de la femme: son environnement a été bâti atour de cette figure et il porte les teints de ses habits ou de son sac.» De cette cohabitation, de cette fusion même entre l’homme et son espace, se dégage ainsi une harmonie étrange et enveloppante.

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