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Cette femme n'est pas la fille de Nina Simone mais presque

La pièce de Julie Gilbert «Je ne suis pas la fille de Nina Simone» est l’histoire d’un couple perturbé par le souvenir d’une chanteuse.

Olivia Csiky Trnka et Mathieu Ziegler.
Olivia Csiky Trnka et Mathieu Ziegler.
ISABELLE MEISTER

La scène de ménage a déjà commencé quand les premiers spectateurs prennent place dans la salle du Théâtre Pitoëff. Deux personnes arpentent la scène en parlant de plus en plus fort. Un grand lit noir suggère une chambre à coucher. Le duo théâtral de Julie Gilbert Je ne suis pas la fille de Nina Simone se déroule dans un l’hôtel aux États-Unis. Le garçon 100% Suisse (Mathieu Ziegler), et son amie d’origine slovaque (Olivia Csiky Trnka), forment un couple arrivé le soir même d’Europe. La chambre est inconfortable, voire sale. Ils sont à Atlantic City (New Jersey). Le jeune homme est très fâché d’être tombé là. Il se faisait une autre idée de ses vacances en Amérique.

Son rôle d’Helvète grincheux et un brin complexé convient à merveille au comédien. Face à lui, une femme maigre et plus intellectuelle que lui, pour ne pas dire plus compliquée. Elle jongle avec trois langues et cherche dans cet hôtel une atmosphère un peu hermétique pour son conjoint terre à terre. Elle s’appelle Nina… Peu à peu, l’homme fort en gueule du début s’efface devant la femme hantée par le souvenir de la grande chanteuse américaine Nina Simone (1933-2003).

Des images d’elle apparaissent, sa voix se fait entendre, courtement. La comédienne est de plus en plus habitée par les combats d’Eunice Kathleen Waymon, jeune artiste noire de Caroline du Nord, où son talent de pianiste paraisssait la destiner aux plus hautes études. Une formation contrariée très tôt par les préjugés raciaux. Pour ceux qui ont lu La Couleur des sentiments, c’est le même contexte. Armée de son pseudonyme emprunté à la grande Simone Signoret, Eunice Kathleen alias Nina ira pourtant très loin dans la renommée. et aussi dans les déboires. Au milieu des années 1970, elle vivote à Prangins, en donnant des leçons de musique.

L’auteure de la pièce, Julie Gilbert, amarre son propos à cette parenthèse helvétique peu connue. On en ressort mieux informé sur la biographie de Nina et curieux d’en savoir davantage. La mise en scène de Jérôme Richer tient tout entière dans la direction d’acteurs, les deux sincèrement et fougueusement impliqués dans cette évocation.

«Je ne suis pas la fille de Nina Simone» jusqu’au 23 février au Théâtre Pitoëff, rés. 022 808 04 50 et www.pitoeff.ch

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