Passer au contenu principal

La Fanfare Revuelta sonne le réveil de la scène latino

En concert le 21 février, l’orchestre fédère à Genève une communauté en effervescence.

L’ensemble Fanfare Revuelta a vu le jour à Genève il y a huit ans. Il participe à l’effervescence de la scène latino.
L’ensemble Fanfare Revuelta a vu le jour à Genève il y a huit ans. Il participe à l’effervescence de la scène latino.
DR

Ils ne sont pas trop de dix pour mettre le feu au bout du lac. Dix musiciens maniant trombones, trompettes, saxophone, accordéon et clarinette, lancés dans un charivari puisant au cœur des traditions latino-américaines. Où l’on retrouve, dans une frénésie orchestrale contagieuse, les syncopes de la cumbia, la furia des batteries andines comme le chant clair des «cantautores» chiliens. Les tenues allient le rouge et le noir. Ce pourrait être un emblème politique. Sur scène, en tout cas, ça flamboie. Le nom a ceci d’original qu’il allie des cultures qu’a priori rien ne rassemble: «On aime les fanfares présentes dans chaque village de Suisse. Et on souhaite une révolution sociale en Amérique latine.» C’est inscrit en lettres capitales sur le large pavillon du sousaphone: voici la Fanfare Revuelta.

En pensée avec le Chili

Voilà huit ans que l’ensemble a vu le jour à Genève. Longtemps, cette clique chamarrée se produisait dans la rue. Désormais, la bande joue dans les salles de la ville, où sa réputation va grandissante. Vendredi 21 février, elle est attendue à l’Usine, en première partie de la Chilienne Ana Tijoux, figure de proue du hip-hop latino. Il y a quelques semaines de cela, on a pu l’écouter à La Jonquille: ce populeux bar à bières avec scène en sous-sol, récemment ouvert sur l’ancien site d’Artamis, a fait du remuant brass band son groupe résident.

Mais il y a plus: fin décembre, le groupe participait à un rassemblement inédit de musiciens latinos, à l’enseigne du festival MiSol. Une première à Genève. MiSol, pour «mission solidarité», aide les victimes des violences policières au Chili notamment, qui connaît depuis octobre 2019 d’importantes manifestations réclamant une meilleure répartition des richesses. «Déjà trente morts depuis moins de cinq mois, sans parler des arrestations, des viols, des tortures», relate Ernesto Morales, fondateur de la Fanfare Revuelta, lui-même originaire du sud du pays. C’est dans ce contexte, précisément, que ce groupe composé de musiciens sud-américains et suisses a gagné en importance, fédérant une foule de formations locales, certaines déjà bien en place tel que Palenque La Papayera, la plupart nouvellement créées, ainsi des Frente Na Ma, Barlovento Trio, Al Toque Mestizo et Groovah, entre autres. «Chacun de ces groupes cohabitait, sans qu’il y ait d’autres liens. Depuis les manifestations chiliennes, tous se sont rassemblés.»

La scène latino de Genève est en pleine effervescence. On pourrait même parler de renouveau: voilà longtemps, en effet, qu’il n’était plus question de salsa ou d’autres styles importés d’outre Atlantique autrement que sur les platines des DJ. Ce renouveau, on le doit à une jeune génération, instruite, ouverte à tous les arts. Tel Ernesto Morales: né en 1986, celui-ci a étudié la guitare classique à Santiago de Chile, avant de partir pour l’Europe, «par choix personnel et non par nécessité», dit-il. Enfin, pour Ernesto Morales, comme pour ses congénères, il y a là l’urgence, pour les ressortissants sud-américains en terres helvétiques, de militer à leur tour pour la «justice sociale». Pour autant, prévient Ernesto Morales, «nous préférons mettre la réflexion en avant, plutôt que le drapeau.» Mais le projet initial de la Fanfare Revuelta reste musical. «C’est dans les musiques traditionnelles que je cherche de quoi nourrir les compositions. À la fin, on y entendra parfois du ska ou du rock, de sorte que chacun puisse se rattacher à un élément familier; mais le fond, lui, appartient aux cultures sud-américaines.»

Suivant cette tradition des chanteurs à texte, la Fanfare Revuelta livre son content de chansons d’amour. «Évoquer les problèmes de société, oui, mais par le vécu, c’est encore mieux, car ça touche à l’universel.» Ainsi encore du réchauffement climatique. Un refrain parmi les préférés du collectif dit ainsi: «Al mundo entre vuelte y vuelta lo va enfermando la humanidad». Cette «humanité qui le rend malade», le monde, prévient la chanson, un jour va nous «virer»! «C’est didactique, convient Ernesto Morales. Mais la musique, elle reste festive!» Une fête en concert. Quant au disque, on verra ce printemps ce que cela peut donner: la Fanfare Revuelta prépare son premier album, avec de nombreux invités issus de cette bouillonnante scène genevoise.

Ana Tijoux, Fanfare Revuelta, ve 21 fév., 21h, Le Rez-Usine. Infos: kalvingrad.ch

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.