L’exposition qui fait de vous de véritables héros

Science-fictionLe jeu est-il une métaphore de l’existence? Telle est la question que pose la Maison d’Ailleurs à Yverdon-les-Bains.

Un traçage lumineux et coloré vous propose un parcours dans l’univers du jeu, à la Maison d’Ailleurs.

Un traçage lumineux et coloré vous propose un parcours dans l’univers du jeu, à la Maison d’Ailleurs. Image: VANESSA CARDOSO

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Du jeu de plateau de nos aïeux aux casques de réalité virtuelle d’aujourd’hui. De bas en haut, soit du rez-de-chaussée aux combles, la Maison d’Ailleurs immerge ses visiteurs dans l’univers infini du jeu, via sa nouvelle exposition qui ouvre ses portes dimanche.

Mais qu’on ne s’y méprenne pas, le voyage proposé a beau être vivant, interactif – notamment grâce au guide digital téléchargeable ou proposé sur tablettes numériques –, il n’est pas uniquement ludique, loin s’en faut. «L’idée de base, c’est: pourquoi on joue?» souligne Marc Atallah, directeur du musée de la science-fiction, de l’utopie et des voyages extraordinaires.

Pourquoi on joue, mais aussi qui joue? Pendant longtemps, depuis l’Antiquité, le jeu s’est limité à une activité enfantine, un divertissement qui ne revêtait aucun intérêt pour l’adulte. «La donne a changé au XVIIIe siècle avec le philosophe allemand Schiller qui affirme que l’homme ne joue que là où dans la pleine acceptation de ce mot il est homme, et il n’est tout à fait homme que là où il joue», commente le directeur.

«Un traçage lumineux et coloré vous propose un parcours dans l’univers du jeu, à la Maison d’Ailleurs»

La perception de son propos ne sera pas immédiate, mais aujourd’hui le jeu est revenu sur le devant de la scène. En 2007, un autre philosophe, le Français Stéphane Chauvier, se demandait du reste si le jeu ne serait pas une métaphore de l’existence. À la différence près que lorsque l’on joue, nos actions n’ont pas de conséquences irréversibles.

«L’expo dont vous êtes le héros» vous propose d’y réfléchir. Sans vous y contraindre, puisque comme c’est souvent le cas, le visiteur ne pique que ce dont il a envie dans cette boîte de chocolats artistique et informative. Un peu comme avec le dé d’un jeu de l’oie, le visiteur y est guidé, au gré de la couleur qu’il s’est choisie avant de pénétrer dans la première salle. Une jolie mise en abyme, en fait. «Et il peut même tricher», sourit Marc Atallah.

Le spectre balayé est large, très large, comme l’a été l’évolution du jeu tout au long du XXe siècle. Bien plus que ne pourrait le laisser penser le titre de l’exposition. «C’est vrai, l’idée de base était d’évoquer «Les livres dont vous êtes le héros», qui ont connu leur heure de gloire dans les années 80 et qui font l’objet d’une réédition aujourd’hui», précise Marc Atallah. On en retrouve du reste un joli panel dans les rayons de l’Espace Jules Verne. «Mais il n’aurait pas été très pertinent d’en rester là. Nous avons donc étendu le propos, en mettant un focus sur les jeux que l’on possède dans nos collections.»

Au fil des salles, on découvre que le cadre physique et rectangulaire du jeu – le plateau – perd progressivement de sa «rigidité» pour être débordé, voire pour s’effacer totalement. On le voit dans les jeux de rôle très en vogue dès la fin des années 70, ou dans les jeux vidéo dont l’univers ne peut être embrassé d’un seul regard (une salle est spécialement dédiée à la production suisse). Et l’on va jusqu’à s’immerger totalement dans le décor physique d’une escape room (lire encadré) ou plonger virtuellement dans l’espace du jeu, via un casque de réalité augmentée.

«L’expo dont vous êtes le héros»
Maison d’Ailleurs, place Pestalozzi, Yverdon
Du 18 novembre 2018 au 27 octobre 2019
Du mardi au dimanche, de 11 h à 18 h
www.ailleurs.ch

(TDG)

Créé: 10.01.2019, 10h13

La mise en abyme via une «escape room»

«La Maison aux 100 portes: le musée d’où on ne peut s’échapper». S’il est un endroit où le titre du scénario digital proposé aux visiteurs sur tablette tactile prend tout son sens, c’est bien au deuxième étage de l’institution yverdonnoise. L’équipe de la Maison d’Ailleurs a eu l’idée de créer une animation aux antipodes du quasi antique jeu de plateau en y installant une escape room, jeu d’évasion coopératif très tendance, dont le succès ne se dément plus depuis bientôt dix ans.

C’est exactement comme si elle avait voulu réaliser un jeu dans le grand jeu de cette exposition.

Une animation dans laquelle il est possible de s’immerger même une fois les portes du musée fermées. Soit le premier samedi de chaque mois, le soir, ou presque n’importe quand, sur réservation. «Bunker: On the Edge» a été conçu pour entrer en résonance avec les œuvres postapocalyptiques de Filip Hodas et la création numérique de Digital Kingdom qui l’entourent», précise le directeur Marc Atallah.

Son pitch? Dans une heure, la Terre de 2050, envahie de déchets et où la guerre des matières premières fait rage, sera dévastée par l’explosion d’une arme chimique. Pour y survivre, les joueurs (maximum cinq) doivent réussir à ouvrir la porte intérieure du bunker sur lequel ils sont tombés.

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