Etienne Daho provoque joie et beauté pop au Montreux Jazz

FestivalLe chanteur a fait chavirer le Lab, lundi soir. Il restitue dans le son, l’attitude et l’esprit cette étrange variété rock des années 1980.

Etienne Daho a imposé son inaltérable désinvolture aussi bien à sa silhouette qu’à une pop française qu’il magnifie depuis 30 ans. Image: Keystone

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L’homme Daho est une insulte à l’âge, c’est un fait. Gandin éternel, fin loustic de 56 ans imposant son inaltérable désinvolture aussi bien à sa silhouette qu’à une pop française qu’il magnifie depuis 30 ans, le Rennois devait prouver à Montreux, ce lundi, que cette pop-là avait conservé la même fraîcheur que lui. Le public, bien que majoritairement adolescent au moment de ses premiers tubes, était tout prêt à l’épauler dans cette tâche.

New wave minimaliste

Jouant la carte d’un clubbing vague qui aurait pu être Palace ou Bains Douche, dans un décor plus noir que blanc (mais il filera ses Ray Ban à une demoiselle du premier rang, incommodée par les flashs), Daho restitue dans le son, l’attitude et l’esprit cette étrange variété rock des années 1980. Celle marquée par l’élégance des «jeunes gens chics» bien décidés à croquer la vie (la nuit) par les sons synthétiques d’une new wave minimaliste frappée de la décadence punk et par les attraits mélodiques d’une chanson vénéneuse, hédoniste, assez légère pour les hit-parades mais pleine d’une nostalgie avant l’âge.

«Bassiste lausannois»

La sono du Lab se rengorge de cette texture souple mais dodue, qu’on croirait droit sortie des enceintes d’un studio. Deux guitares, un synthé, le bassiste lausannois Marcello Giulani et un batteur à torse poil, unique démonstration bassement virile dans un tableau d’une parfaite élégance, avec le chef tout de noir mais étrangement cravaté de blanc, à la façon d’un prêtre. La grand-messe peut commencer.

Elle durera un peu plus d’une heure, déroulant perles récentes et tubes anciens, tous interprétés en un tir frontal, carré, puissant. Du rock sans épines. Du synthétique sans le marshmallow. Daho change sa set list au gré des réponses du public, propose des titres rares sonnant comme du Bauhaus, gonflant aux stéroïdes son Epaule tattoo, secouant la salle sur les arpèges de Comme un boomerang.

Deux rappels mérités (un troisième est réclamé) achèvent tous les retours de Daho (il n’avait plus joué en Suisse depuis 2008 et a manqué de mourir l’an dernier, suite à une septicémie). Le regard malicieux brille d’une joie profonde.

Créé: 15.07.2014, 14h09

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Le Montreux Jazz Festival en noir et blanc

Le Montreux Jazz Festival en noir et blanc Les artistes du MJF vus sous le regard de notre photographe Chantal Dervey.

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