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L’épopée de Billie Jean King

Un film retrace la vie remarquable de cette immense joueuse de tennis, qui s’est battue sur la question, toujours ouverte, de l’égalité.

Une mise en scène extravagante pour ce qui fut bien plus qu’un simple match de tennis.
Une mise en scène extravagante pour ce qui fut bien plus qu’un simple match de tennis.
Keystone

«Je devais saisir cette opportunité pour rendre ce monde meilleur, faire dialoguer les gens sur l’égalité hommes-femmes, sur un salaire égal pour un travail égal», rappelle Billie Jean King dans le dernier numéro de L’Equipe Magazine. Le 20 septembre 1973, devant les 30'000 spectateurs de l’Astrodome de Houston (et 90 millions de personnes dans le monde, devant leur écran de télévision), la joueuse américaine avait rendez-vous pour ce qui représentait bien plus qu’un simple match de tennis.

Elle avait en effet fini par accepter de défier Bobby Riggs, un ancien numéro 1 mondial qui incarnait jusqu’à l’outrance la prétendue suprématie masculine. Il avait alors 55 ans et ne pensait pas un seul instant qu’il pourrait perdre. Elle en avait 29 et dominait le tennis féminin, avec notamment douze titres en Grand Chelem (en simple), dont six à Wimbledon. Le match se jouerait au meilleur des cinq sets, soit dans un format propre aux tournois masculins. Et le résultat fut sans appel: 6-4 6-3 6-3 en faveur de Billie Jean King. «Je t’ai sous-estimée», admit d’ailleurs Bobby Riggs au moment de la poignée de main.

Offensive et talentueuse, bien sûr, mais aussi courageuse et persévérante, la joueuse empocha les 100'000 dollars promis au vainqueur. En vérité, ce succès-là avait bien plus de valeur. «La première fois que j’ai rencontré Barack Obama, expliquait encore Billie Jean King dans cette même interview, il m’a dit: «J’ai vu ce match quand j’avais 12 ans et ça m’a assurément influencé dans la manière dont j’ai élevé mes deux filles.» Je ne sais combien de fois j’ai reçu ce genre de témoignages.» En 2009, le président Obama la récompensa d’ailleurs de la médaille de la Liberté, pour son combat en faveur des femmes et des homosexuels.

Grande championne, véritable icône du sport US, Billie Jean King a contribué à populariser le tennis aux États-Unis, à crédibiliser le tennis féminin, et surtout à faire évoluer les mentalités. Durant cette même année (1973), elle créa ainsi la Women’s Tennis Association (WTA), dont elle fut la première présidente. Elle a ensuite obtenu l’égalité des dotations entre les hommes et les femmes à l’US Open, avant que les autres épreuves du Grand Chelem ne suivent.

Un festival à venir

Sur les écrans romands cette semaine, un film raconte cette histoire, cette épopée même, sur le terrain et dans les esprits. Battle of the Sexes est une réussite, avec une Emma Stone épatante dans le rôle de Billie Jean King.

Présenté quinze jours après un autre biopic consacré au tennis (Borg/McEnroe), ce long-métrage donne un avant-goût de PULSE, le Festival international du film de sport qui sera organisé fin 2018, sur l’arc lémanique et durant six jours. Une manifestation qui entend aborder les multiples dimensions du sport, «ce qu’il véhicule de positif, tout en maintenant un regard critique sur son impact social et économique», souligne la fondatrice du festival, Claudia Durgnat, dans un communiqué.

Le sport et ses valeurs dépassent très souvent les limites du terrain sur lequel il est pratiqué. PULSE donnera sans doute l’occasion de le vérifier.

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