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Après l’écoféminisme, Nina Santes sonde l’«engourdissement» postcolonial

En partenariat avec l’ADC, le festival invite «République Zombie», la toute nouvelle création de la chorégraphe.

Ni mort ni vivant, le zombie de Nina Santes.
Ni mort ni vivant, le zombie de Nina Santes.
M. Vendassi

Son «Hymen Hymne» avait tenu en haleine les festivaliers de 2018, encourageant Antigel à la reprogrammer deux ans plus tard. Voici donc revenir la marionnettiste française Nina Santes avec un nouvel opus, son cinquième en tant que chorégraphe, tout juste étrenné à Marseille en avant-première de l’officielle création genevoise.

«République Zombie» emprunte son titre à un livre de l’Américain Micha Berlinski qui retrace ses années passées en Haïti, foyer du mythe qui s’est mondialement répandu autour de cette créature de l’entre-deux, ce mort-vivant, cet hybride entre le cannibale et l’esclave. Corps errant qui ne connaît ni les frontières ni les états, le zombie inspire à la chorégraphe une réflexion sur la violence coloniale accoucheuse de pareille léthargie «à la fois grotesque et terrifiante». À partir de là, elle extrapole sur l’aliénation et la dépossession pour aboutir à une notion inventée par Roland Barthes: l’«engourdissement du temps, de l’action, du monde entier».

Nina Santes ne s’arrête pas néanmoins au constat. Avec ses trois interprètes – Betty Tchomanga, Soa de Muse et Olivier Normand –, elle cherche à exacerber l’«état zombie» et «performer des stratégies de mise en alerte», dit-elle. Car si les peurs du Nouveau-Monde ont engendré le revenant vaudou, celui-ci peut, par sa danse ancestrale et païenne, réveiller le monde contemporain de sa torpeur.

Comme pour «Hymen Hymne», l’artiste s’appuie dans ce but sur sa propre composition musicale, faite de chants gutturaux, de cris, de borborygmes, de prises de parole et de souffles divers. Entre sorcellerie et révolte, on peut être sûr que le cérémoniel saura secouer son audience. Et ressusciter de vieilles colères croupies sous le vernis de la civilisation.

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«République Zombie»

ADC, jeudi 6 et vendredi 7 février à 20h, Plus d'informations sur: antigel.ch et adc-geneve.ch

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