Passer au contenu principal

Drôle de faune dans les rues de la Cité sarde

Carouge inaugure son plan lumière avec un beau bestiaire projeté sur certaines façades.

Genève, le 19 octobre 2017. A la découverte des premières projections lumineuses du Plan Lumière de Carouge. «Drôle de Faune», une création de Sara de Gouy et Victor Vieillard. Projection située à la Place d'Armes. Photo: Magali Girardin.
Genève, le 19 octobre 2017. A la découverte des premières projections lumineuses du Plan Lumière de Carouge. «Drôle de Faune», une création de Sara de Gouy et Victor Vieillard. Projection située à la Place d'Armes. Photo: Magali Girardin.
Genève, le 19 octobre 2017. A la découverte des premières projections lumineuses du Plan Lumière de Carouge. «Drôle de Faune»  une création de Sara de Gouy et Victor Vieillard. Projection située à la Place d'Armes. Photo: Magali Girardin.
Genève, le 19 octobre 2017. A la découverte des premières projections lumineuses du Plan Lumière de Carouge. «Drôle de Faune» une création de Sara de Gouy et Victor Vieillard. Projection située à la Place d'Armes. Photo: Magali Girardin.
Genève, le 19 octobre 2017. A la découverte des premières projections lumineuses du Plan Lumière de Carouge. «Drôle de Faune», une création de Sara de Gouy et Victor Vieillard. Photo: Magali Girardin.
Genève, le 19 octobre 2017. A la découverte des premières projections lumineuses du Plan Lumière de Carouge. «Drôle de Faune», une création de Sara de Gouy et Victor Vieillard. Photo: Magali Girardin.
1 / 10

Etrange bestiaire que celui-ci. A la nuit tombée, depuis jeudi soir, différents animaux se sont glissés sur les façades carougeoises, jouant avec l’architecture et l’espace public de la Cité sarde. Projeté dans des tons orangés au-dessus de l’entrée du centre sportif des Pervenches, un magnifique renard surdimensionné semble observer les passants. Une vingtaine de mètres plus loin, un lapin de garenne géant saisi dans un halo doré se détache sur l’une des parois du même bâtiment.

A proximité, un écureuil de belle taille paraît bondir sur l’entrée nord du triangle des Pervenches. Des curieux s’arrêtent, immortalisent la scène avec leur téléphone portable, avant de s’en aller à l’angle de la rue du Centenaire et de la rue Jacques-Grosselin pour découvrir l’image d’un escargot accroché au mur, la coquille à l’envers. A quelques mètres, un rouge-gorge bien balèze apparaît contre le flanc de la bibliothèque de Carouge, posé sur la séparation des deux coffrages de béton du bâtiment, comme sur une branche artificielle. Des poissons – un omble et trois truites – complètent le parcours de cette drôle de faune, vers la Place d’Armes.

Cohérent et pragmatique

«Mais qu’est-ce que c’est que ces bestioles?» , s’interroge un quidam en clignant des yeux. «Il s’agit d’animaux potentiellement présents sur le territoire genevois, qu’on pourrait croiser au détour d’une balade, au bord de la rivière ou de la forêt attenante, voire même dans le centre-ville», explique Sara de Gouy, l’une des deux artistes qui a créé cette faune aussi sympathique qu’insolite. Avec son collègue Victor Vieillard, la jeune plasticienne basée à Lyon a remporté un concours lancé à Carouge dans le cadre d’un plan lumière approuvé en 2015 par le Conseil municipal.

«Ce plan lumière offre une réponse cohérente et pragmatique au problème de l’éclairage public», commente le Conseiller administratif Nicolas Walder. A Carouge, des citoyens regrettaient que certains luminaires n’éclairent pas assez, tandis que d’autres se révélent au contraire trop lumineux. La fonctionnalité de l’ensemble a été revue, améliorée, réduisant la consommation d’énergie et limitant la pollution lumineuse. Objectif: mettre en valeur Carouge, la nuit.

Pour ce faire, l’agence belge Radiance35 a été mandatée. «On nous a demandé de réfléchir aux 1700 points lumineux actuels, et de voir comment on pourrait les rénover», expose une de ses responsables, Isabelle Corten. Qu’est-ce qui clochait jusqu’ici? «Les éclairages étaient plutôt fonctionnels, davantage conçus pour la voiture que pour les piétons. On a fait des recommandations pour envisager un éclairage à hauteur humaine.» Chacune des rues de Carouge a été analysée par les gens de Radiance35. «Il s’agissait de réfléchir à la meilleure implantation possible pour que cela soit le plus confortable possible pour les usagers d’une ville. Quand les luminaires étaient relativement récents, on ne proposait pas de les enlever et de les mettre à la casse, mais plutôt de les déplacer à d’autres endroits.»

Eclairage non intrusif

Recomposant le paysage nocturne, le nouveau plan lumière entend assurer un éclairage de base non intrusif, riche de repères favorisant l’orientation dans Carouge. Lorsqu’il s’est agi de mettre en valeur certains murs ou pans de murs pour se guider, des projections lumineuses ont été envisagées. Situées sur des nœuds stratégiques, elles tissent un lien entre les différents quartiers. Sept projections d’animaux composent ainsi la première phase imaginée par les artistes Victor Vieillard et Sara de Gouy.

«Notre bestiaire pointe des animaux cachés», souligne cette dernière. Cela montre que la biodiversité fait partie de notre quotidien. Au détour d’une rue, d’un espace public, l’animal est mis en valeur, il joue avec l’architecture.» Techniquement, des projecteurs dits «à gobo», installés sur des piliers, diffusent ces images de renard, lapin et autre écureuil, comme si une diapositive était projetée contre les murs. «Un procédé de trame montre les volumes de l’animal sans pour autant qu’il soit photo-réaliste. Cela ressemble un peu à une gravure. On est sur un animal noir et blanc et un halo de couleur qui correspond à l’endroit où nous nous situons dans la ville. Il y a aussi l’idée de l’animal qui pourrait se révéler dans des phares de voiture, dans un projecteur. On le révèle et on le met en exergue.»

Actuellement, le bestiaire se limite aux animaux décrits plus haut. Mais d’autres vont se rajouter au fil des différentes étapes du plan lumière. Parmi eux, un blaireau, une pie, des fourmis, une biche, un sanglier, un hibou, un castor et un sanglier. Au final, 21 animaux viendront dialoguer avec les Carougeois et les gens de passage dans la Cité sarde.

Poétiser l’urbain

«On a voulu ce projet comme un lien entre les citoyens, conclut Victor Vieillard. Pourquoi ne pas envisager qu’un jour on se donne rendez-vous au lapin, ou au rossignol, plutôt que dans telle ou telle rue.» Une manière de poétiser l’urbain et de donner raison à Richard Bohringer, quand il écrivait: «C’est beau une ville la nuit.»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.