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La donation Eliasberg entre gravure et aquarelle

Le cabinet d’arts graphiques du MAH dévoile les œuvres reçues de la fille de Paul Eliasberg.

Eau-forte et aquatinte (sur zinc), «Prometheus II» par Paul Eliasberg.
Eau-forte et aquatinte (sur zinc), «Prometheus II» par Paul Eliasberg.
DANIELLE ELIASBERG CABINET D’ARTS GRAPHIQUES MAH/A. LONGCHAMP

Ce don vaut bien une exposition. Quatre cent cinquante et une œuvres de l’artiste Paul Eliasberg (1907-1983) ont été offertes en 2016 par sa fille au Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art et d’histoire (MAH). Plusieurs d’entre elles y sont exposées depuis le 1er novembre. Le titre de cet accrochage est «Paysages de l’âme».

Un père lié à Thomas Mann

Décédé à Hambourg, Paul Eliasberg est né à Munich dans un milieu imprégné d’influences yiddish, russes et allemandes, son père, traducteur russe yiddish, ayant dû quitter la Russie et se réfugier en Allemagne en 1917. Alexander Eliasberg évolue dans les milieux intellectuels de la capitale bavaroise. Il a parmi ses relations le grand Thomas Mann. Sa femme Zina, la mère de Paul, est elle-même une artiste, élève d’Heinrich Knirr, peintre membre de la Sécession munichoise, mais aussi portraitiste d’Adolf Hitler. C’est le franc-parler de cette dame – et le procès contre elle pour propos anti-allemands – qui oblige les Eliasberg à quitter la Bavière antisémite en 1923 pour trouver provisoirement refuge à Berlin.

L’influence de Bissière

Leur fils Paul n’y reste pas longtemps. Après des études de graphisme en Allemagne, il gagne Paris où le peintre Roger Bissière, futur pionnier du non-figuratif en France, devient son maître à l’Académie Ranson. Il se marie en 1939 avec une Française, Jeanne Gedon, passe les années de guerre en Provence et en Dordogne au contact de la Résistance, puis devient citoyen du pays de sa femme en 1947. Encadreur, puis dessinateur dans un bureau d’architecte, Paul Eliasberg met à profit ses moments de liberté pour peindre et graver. Les voyages rendus possibles par la fin de la guerre lui permettent de découvrir la Méditerranée et plus de vingt-cinq îles grecques, pour lesquelles il se prend de passion. Il y a dans sa production artistique présentée à Genève deux techniques: la gravure et l’aquarelle. De celle-ci, l’artiste a utilisé la transparence et la pâleur des teintes pour illustrer des «paysages de l’âme» évanescents. Le dessin s’y fait très discret, laissant parfois la place à un début d’abstraction. Un monument peut apparaître sous les couleurs délavées de l’aquarelle, la Tour Saint-Jacques ou notre Dame de Paris, témoins de la fascination d’Eliasberg pour l’art gothique. Un goût très présent dans l’œuvre gravée du même artiste, dont les tirages en noir et blanc, souvent de format très modeste, fourmillent de détails. Paysages méditerranéens, ports allemands, architectures médiévales s’imposent avec une grâce étrange et intemporelle.

Connu en Allemagne

Si le nom d’Eliasberg n’était guère connu à Genève avant la présente donation au MAH par sa fille Danielle, il n’en est pas de même dans son pays natal. De nombreuses couvertures de catalogues et des affiches d’expositions organisées en Allemagne au cours du XXe siècle en témoignent. Elles sont reproduites dans le catalogue bilingue commun aux deux expositions «Paysages de l’âme», visibles cet hiver à Genève et à Bayreuth.

Jusqu’au 2 février au Cabinet d’arts graphiques du MAH, 5, promenade du Pin

www.mah-geneve.ch

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