Un documentaire satirique sur la Suisse sort du lot

Festival de Locarno«Image Problem», un long-métrage satirique sur la Suisse a été présenté au Festival du film de Locarno. Une remise en question de l'image de marque du pays.

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«Image Problem», le documentaire satirique de Simon Baumann et Andreas Pfiffner sort du lot à Locarno.

Présenté aujourd'hui en première mondiale au Festival du film, le long métrage traite de l'image de marque de la Suisse au travers du regard de simples citoyens. Entre rires et consternation, il ne laisse pas indifférent.

L'entrée en matière du film apparaît inoffensive: les deux réalisateurs interrogent des Suisses sur le moyen de restaurer la réputation de la Suisse. Beaucoup de personnes abordées se montrent d'abord simplement étonnées que la Suisse puisse avoir un problème d'image.

Presque sans exception, ils recommandent aux réalisateurs de filmer les montagnes ou les lacs pour redorer le blason du pays. Ce qu'ils s'empressent de faire. Mais Simon Baumann et Andreas Pfiffner ne s'arrêtent pas à ces beaux paysages; ils décalent leur caméra sur les hommes et femmes de ce pays. Le bilan devient alors désenchanté.

Un habitant de Suisse orientale saisi dans une «gardenparty» trouve regrettable qu'»Adolf» n'ait pas fini le travail. Les Noirs sont traités de «nègres» sans parler des nombreux Suisses qui désignent encore l'Europe de l'Est comme le «Bloc de l'Est», presque 25 ans après la chute du Mur.

Comparable à Moore

Le racisme de province qui est révélé dans les témoignages des citoyens est devenu le thème principal du film, a expliqué Simon Baumann devant la presse vendredi à Locarno. Xénophobie, encouragement à l'évasion fiscale, entreprises profiteuses: la Suisse aurait de bonnes raisons de demander pardon à la communauté mondiale, reconnaissent quelques-uns.

«Image Problem» a dans ses meilleures scènes la force des films de l'Américain Michael Moore (»Fahrenheit 9/11»). Mais contrairement au réalisateur américain qui s'est placé dans une pose missionnaire, les deux Suisses en choisissant une approche délibérément naïve ne se prennent pas au sérieux.

Alémanique à 100%

Le seul bémol de ce film est qu'il se limite à la Suisse alémanique et à des témoins-acteurs alémaniques. L'explication est dérisoire: «Nous ne parlons pas italien et notre français n'est pas génial», a déclaré Andreas Pfiffner.

Cette vision partielle de la Suisse est le seul point mineur d'un film sinon amusant et osé sur les dérives de notre petit pays. (ats/nxp)

Créé: 03.08.2012, 19h07

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