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Dispositif ingénieux pour «Bois impériaux» touffus

Pauline Peyrade revisite «Hänsel et Gretel» au volant d’une voiture dotée d’un tableau de bord high tech.

Diffractés, multipliés, ils se perdent dans leur propre forêt.
Diffractés, multipliés, ils se perdent dans leur propre forêt.
SAMUEL RUBIO

Mathieu Bertholet l’avait élue dramaturge de sa saison _D’EUX, la voici investie auteure, après Ctrl-X en 2016, des Bois impériaux actuellement plantés au Poche. Pour apprécier l’écriture dramatique de Pauline Peyrade, encouragée en France par les prospecteurs de l’innovation, encore faudra-t-il la démêler d’un dispositif scénique dû au collectif Das Plateau (français, comme son appellation ne l’indique pas), qui assure la mise en scène, la musique et une partie du jeu (Maëlys Ricordeau, secondée par de plus locaux Maxime Gorbatchevsky et Antonio Buil). La scénographie kaléidoscopique, toute de miroirs, de vitres et d’imitations de tableau de bord automobile revenant, elle, à James Brandily.

S’agit-il d’un rêve, d’un souvenir, d’une anticipation? Ni le canapé trônant au centre du plateau, ni l’espace fragmenté qui l’entoure n’apporteront de réponse. En dépit des repères brouillés, le spectateur comprend – comme les yeux s’habituent à l’obscurité d’une forêt – qu’une voiture emmène un frère et une sœur vers l’inconnu. Sur des écrans digitaux défilent les noms des villages traversés, l’heure qui creuse progressivement la nuit, les degrés de température qui chutent en dessous de zéro. L’équipée mortelle se suspend le temps d’une pause dans une station-service, et du dialogue morcelé qui y naît entre la conductrice et le tenancier. Enfin, des appels de clients en mal d’érotisme rythment l’errance de celle qui vend secrètement ses services d’opératrice à une ligne de téléphone rose.

Alors, oui, ce road movie somnambulique suit ses propres bornes intérieures, sans recourir aux panneaux externes. Oui, un univers se crée, dans l’intrication du texte et de sa représentation. Mais à l’instar de la route qui se perd dans les Bois impériaux, ceux-ci n’ont pour orée que leur dispositif fantasmatique, pour ainsi dire déconnecté.

Bois impériaux Le Poche, jusqu’au 11 mars, 022 310 37 59, www.poche---gve.ch

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