Les deux Vincent s’interrogent sur leur succès à Paléo

Festival 2015«120’’ présente Paléo» a consacré Kucholl et Veillon. Un triomphe qui défie la modestie du duo.

Vincent Kucholl et Vincent Veillon sur la Grande Scène de Paléo vendredi soir.

Vincent Kucholl et Vincent Veillon sur la Grande Scène de Paléo vendredi soir. Image: Anthony Anex

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Dimanche 13 h, sur la terrasse de l’hôtel de Chavannes-de-Bogis, les deux Vincent de 120’’, Kucholl et Veillon, ont de belles têtes de vainqueurs. Les yeux rougis et les voix éraillées disent tout de l’état d’apesanteur qui a saisi le duo comique le plus populaire de Suisse romande, à la fin du spectacle événement qu’il a livré vendredi soir sur la Grande Scène de Paléo. Une fresque satirique XXL pour une unique représentation, devant 40'000 aficionados.

On les interpelle façon Steve Berclaz: «Alors, l’entrée sur la Grande Scène, face à la foule, comment?» «Un grand vertige. On est happé. En imitant Mick, le présentateur habituel du festival, je voulais parler à tout le monde, et j’ai forcé ma voix», répond Vincent K. «A dix secondes d’entrer en scène, j’ai été saisi par un mélange d’émotions, des larmes aux yeux, une excitation, un stress positif, une panique. On ne maîtrise plus rien», poursuit Vincent V, qui pour premiers mots au public a lâché: «Ça va, vous n’avez pas trop le trac?» «On s’est dit que les dés étaient jetés, que désormais ce spectacle que nous avions conceptualisé, minuté, répété, vivait de sa propre vie», ajoutent-ils en chœur.

Un défi de taille

L’idée est née en mai 2014, lors d’une semaine de voyage créatif au Nevada avec le troisième Vincent de l’affaire, Sager, directeur d’Opus One et manager du duo. «Le spectacle 120’’ présente la Suisse avait une année, on se demandait comment le finir, comment l’adapter pour un format festival. Du coup, on a évoqué Paléo, le 40e anniversaire, la possibilité de faire un événement unique, comme un cadeau. Et tout s’est mis en place.»

Assez vite, les deux compères trouvent le fil conducteur, qui reprend le principe d’une présentation didactique, du festival cette fois-ci. Le grand défi? Occuper une scène bien plus grande que les théâtres dans lesquels 120’’ a fait son triomphe, devant vingt à quarante fois plus de monde.

«Les éléments musicaux ont pris beaucoup d’importance, explique Vincent V. Les dialogues fonctionnent moins bien, pas facile d’être intimiste dans un tel contexte!» De Rajiv Patel (Cyril Jost), l’économiste indien en chanteur bollywoodien entouré de danseuses, au final pyrotechnique de Black Lion Genocide (un sacré band de vrais musiciens, le groupe yverdonnois Almost Human), les prestations musicales ont constitué une part majeure du show. Avec des guests de luxe: le rappeur Greis, le YouTubeur Cee-Roo et, caché derrière perruque, lunettes et moustache pour faire le Produkt du magnat de la Musik Reto Zehnhäusern, Basile Bücher, alias Bastian Baker, interprétant Früstuck in Ruhe…

Peur du vide

Techniquement «monstrueux», exploitant tout ce qu’une grande scène peut procurer (comme l’envol du diacre de Chastavel!), affrontant l’orage passager avec répartie et brio, le show a constitué la preuve ultime du phénomène identitaire 120’’. Le public, dense et (surtout) jeune, a suivi ces rock stars locales qui sont aussi des copains, ces arpenteurs de l’esprit romand qui parlent autant aux gars des quartiers qu’aux profs d’uni. Alors, comment poursuivre? «C’est clair que la peur du vide nous guette. Pour l’instant, on digère. Nous n’avons pas de projet précis. Juste le sentiment que ça va vite nous manquer…» Après de courtes vacances, le duo se remettra à 26 minutes, son émission de télévision hebdomadaire, qui reprend fin août sur la RTS. Et qui est aussi programmée en 2016, pour 35 éditions. «Nous devons encore progresser, évoluer. Il n’y a pas de stratégie, juste de l’envie. Et les conseils de Vincent Sager, qui sait cadrer nos impulsions.»

Mais la conversation revient sans cesse sur ce succès qui les porte autant qu’il les effraie un peu. «Quand j’ai fait Sé qui demande au public de jeter ses gobelets sur scène et que tout le monde a obéi, c’était dingue, poursuit Kucholl. Sur le terrain, je baisse plutôt la tête. Il faut rester modeste. C’est important.» – «Nous sommes des artisans, ajoute Veillon. Nous avons une chance extraordinaire. Samedi soir, en regardant Robert Plant, j’ai eu des remontées de tout cela… C’est irréel.» On se quitte. Les deux Vincent sont toujours en apesanteur. (TDG)

Créé: 27.07.2015, 10h50

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