David Bosc dresse le portrait d’une femme libre

LittératureAvec «Mourir et puis sauter sur son cheval», l'écrivain se penche sur un destin singulier. Critique.

Après s'être plongé dans le séjour lémanique du peintre Gustave Courbet, David Bosc invente le carnet intime d'une suicidée londonienne.

Après s'être plongé dans le séjour lémanique du peintre Gustave Courbet, David Bosc invente le carnet intime d'une suicidée londonienne. Image: ODILE MEYLAN

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«Seul me porte vers les livres le désir d’y trouver ce que je ne soupçonnais pas, et c’est pourquoi je déteste les faiseurs de bouquins, les romances ficelées, cousues d’astuces, farcies de diables à ressort, de pièges à souris.»

L’héroïne du dernier ouvrage de David Bosc aurait pu lire avec plaisir le livre de son créateur. L’auteur français, installé depuis une dizaine d’années à Lausanne, qui lui confiait, l’an dernier, sa première Bourse à la création littéraire, livre avec Mourir et puis sauter sur son cheval – titre emprunté au poète Ossip Mandelstam – un récit et un personnage d’une grande liberté.

S’il retrouve le recours à l’histoire dont il avait usé avec délicatesse dans La claire fontaine, évocation des derniers jours de Gustave Courbet à La Tour-de-Peilz, il ne peint cette fois pas sur le motif puisqu’il ne savait à peu près rien sur Sonia Araquistáin au moment d’inventer le carnet intime de cette jeune Londonienne morte deux jours après le point final de la Seconde Guerre.

Après une introduction qui permet d’anticiper sa fin, David Bosc crée de toutes pièces le journal marginal de cette femme qui croise le chemin d’un certain Lucian Freud mais dont la postérité n’aura gardé que des entrefilets du Daily Express et cette notation dans les carnets de Georges Henein: «S.A. s’est suicidée au mois de septembre (…). Ce suicide ayant donné lieu, selon l’abjecte coutume anglaise, à un procès contre la défunte, où le procureur public trouva une occasion inespérée de cracher sur tout ce qu’il reste de poésie en ce monde, nous avons pensé (…) organiser en réponse un hommage.»

Celui de David Bosc raconte la flamme d’un esprit libre, d’une attention profondément artistique et amoureuse au monde, échappée trop brièvement d’une époque sous pression. «Nous ferons avec les oiseaux une race d’immortels», dit-elle.

Créé: 26.01.2016, 15h48

Le livre

Mourir et puis sauter sur son cheval
David Bosc
Ed. Verdier, 90 p.

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