Un week-end pour fondre de l’alu et trancher du savon

Journées européennes des métiers d’artLes artisans d’art ont ouvert leurs portes de vendredi à dimanche à Genève. Immersion à Carouge.

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«Mais c’est un métier pour de vrai?» Cette question provenant d’une petite fille à lunettes, fascinée par le duo bijoutier-fondeur formé par Igor Siebold et Antoine Chevalier à Carouge, résume tout le but de ces Journées européennes des métiers d’art, qui ont eu lieu dans 56 lieux à Genève de vendredi à dimanche. C’est que le fondeur est en train de sortir un creuset plein d’aluminium fondu (à 660 °C) d’un four à gaz posté dans la cour intérieure, et le bijoutier, maniant une canne de coulée avec des airs de golfeurs, de verser le métal en fusion dans une forme de griffon imprimée précédemment dans un bac à sable.

A Carouge, de nombreux créateurs ont ouvert leurs portes. Chez les savonnières d’Autour du bain, un groupe de femmes – de l’adolescente timide emmenée par sa très enthousiaste maman à l’octogénaire coquette – écoute religieusement les vertus antiboutons que possède le savon à l’huile essentielle de l’arbre à thé. On lève la tête vers les pains de savon colorés rangés sur les étagères, débités en tranches ensuite dans un petit appareil qui ressemble à un moule à cake à guillotine. On apprend qu’il existe, comme pour les vêtements, des effets de mode. «Il y a peu, tout le monde voulait de la lavande. Maintenant, c’est fini», confie la savonnière, ex-archéologue. Le best-seller actuel chez les femmes, c’est le cassis-pamplemousse fushia, tandis que la verveine citronnée plaît beaucoup aux messieurs.

Plus loin, Peter Kammermann, restaurateur de sièges anciens, nous explique qu’il utilise avec modération la fibre de noix de coco pour bourrer les fauteuils. «Elle a une qualité de rebondissement moindre que le crin de cheval», note le spécialiste. Il tresse des sangles de jute sous une bergère du 18e, sur laquelle il posera un coussin allongé.

A l’Atelier 5, la créatrice de bijoux Catherine Sciarini Zambelli nous explique qu’on ressent parfois «un pincement au cœur quand on voit partir une très belle pièce». Elle montre l’atelier, derrière la boutique. C’est la que l’on tord le métal pour former bagues ou colliers. Quant au sertissage, «c’est un autre métier»: le bijou fait un aller-retour chez un expert avant de trôner dans la boutique, tous diamants dehors.

Place du Temple, Véronique Albert expose peintures, sculptures et créations aussi originales qu’inclassables. «Je rapporte souvent des éléments trouvés en voyage». Ainsi, des morceaux de ceintures berbères dépassent de tableaux oniriques aimantés à de grandes plaques, redéfinissant la notion de cadre.

Bref, une balade à travers des métiers au service du beau, que quelque 9200 curieux ont décidé de découvrir ce week-end. (TDG)

Créé: 17.04.2016, 18h44

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