Tranchées dans le chlore

ThéâtreAu Poche, l'Ensemble entame sa deuxième longueur avec «La Largeur du bassin». Critique.

Julie Cloux, Baptiste Coustenoble, Fred Jacot-Guillarmod, Rébecca Balestra, Nadim Ahmed et Christina Antonorakis, tous dans le même bain pour un exercice de natation synchronisée.

Julie Cloux, Baptiste Coustenoble, Fred Jacot-Guillarmod, Rébecca Balestra, Nadim Ahmed et Christina Antonorakis, tous dans le même bain pour un exercice de natation synchronisée. Image: SAMUEL RUBIO

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Après son plongeon initial dans une «Résistance thermale» qu’il poursuit en parallèle, voici le tout jeune Ensemble du Poche piquer sa deuxième tête dans «La Largeur du bassin». Même sextuor paritaire de comédiens – trois de chaque genre – même coulure de lave textile blanche en guise de scénographie. En revanche, nouvelle orchestratrice pour une nouvelle partition.

Paradoxale piscine municipale. Anonyme et publique, aseptisée et impudique, son eau chlorée cristallise des tensions qui, comme à la scène, se donnent en spectacle. Quand une équipe de natation synchronisée féminine s’y entraîne dans l’onde, les spectateurs masculins, au sec, glissent sur le double sens du bassin. Aussitôt, les adolescentes rivalisent de défis érotiques – Cora se surpasse dans la choré, Claudie aguiche en maillot, Olive se rembourre à l’écart. Leurs prédateurs, eux – coach sportif, usager libidineux et nettoyeur discret – participent comme malgré eux à une guerre des sexes en milieu aqueux.

Au stylet, la Française Perrine Gérard signe des dialogues plus virils qu’ambigus, plus proches de Michel Audiard que de Marguerite Duras. Au sifflet, la diplômée de la Manufacture Lucile Carré réalise quant à elle une mise en scène très formelle, tout en oppositions et en contrastes polychromes. Entre les lignes des couloirs, enfin, les nageurs acteurs reprennent leur souffle entre deux mouvements de crawl. Les atouts des uns se signalent au détriment des limites des autres, tandis qu’ils se savent sur les starting-blocks pour deux pièces encore avant la fin de l’année. Plutôt que l’hydrocution, on leur souhaite l’apnée.

«La Largeur du bassin» Le Poche Genève, jusqu’au 16 déc., 022 310 37 59, www.poche---gve.ch (TDG)

Créé: 13.11.2018, 18h14

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