Sur les pas de l’aventurière genevoise Ella Maillart

Cinéma Vingt ans après le décès de cette pionnière, un film conte ses voyages extraordinaires. Deux amis témoignent.

Le documentaire dédié à celle qui fut à la fois exploratrice dans les régions les plus reculées, photographe, écrivain et journaliste, sort ce mercredi 14 juin sur les écrans romands.

Le documentaire dédié à celle qui fut à la fois exploratrice dans les régions les plus reculées, photographe, écrivain et journaliste, sort ce mercredi 14 juin sur les écrans romands. Image: DR

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«S’il y eut de tous temps des aventurières, l’une des personnalités les plus originales et attachantes du XXe siècle fut et reste sans aucun doute Ella Maillart.» C’est en ces termes qu’Artemis Films Productions présente sa dernière réalisation, signée Raphaël Blanc et Dominique Rappaz Bloch: Les voyages extraordinaires d’Ella Maillart. Ce documentaire dédié à celle qui fut à la fois exploratrice dans les régions les plus reculées, photographe, écrivain et journaliste, sort ce mercredi 14 juin sur les écrans romands. Un jour symbolique pour les femmes suisses: le 14 juin 1991, un demi-million d’entre elles avait fait la grève pour protester contre le non-respect du principe de l’égalité des chances entre femmes et hommes, dix ans après son inscription dans la Constitution fédérale.

«Pionnière du féminisme qui a choisi sa destinée et façonné sa vie en toute indépendance et de façon peu conventionnelle, quelles qu’en soient les difficultés et notamment la solitude, Ella aurait apprécié ce symbole», notent Anneliese Hollmann et Bertrand de Weck, membres du comité de l’Association Les amis d’Ella Maillart. Un groupement créé en 1998 - soit un an après le décès de la célèbre baroudeuse (1903-1997) - qui a participé à la genèse du film en fournissant quantité de documents à ses deux auteurs.

Fuir la guerre

Parmi ces documents, les entretiens que lui avait consacrés Paul Siegrist en 1973 pour la TSR. «Ils ont inspiré le nouveau film qui doit permettre de découvrir toute la vie d’Ella, indique Anneliese Hollmann. L’aventurière, la sportive et celle partie en Inde, le temps de la Deuxième Guerre mondiale, en quête de spiritualité auprès de sages et… pour ne pas revivre l’horreur de la guerre!»

Ayant traversé le siècle comme un esprit libre, Ella Maillart n’a eu de cesse de partir à la rencontre de l’autre pour mieux se découvrir elle-même. Au début des années 1930, elle s’installe ainsi à Moscou et traverse le Caucase à pied. Puis, elle parcourt l’Asie avec l’aventurier et écrivain britannique Peter Fleming en 1935 et voyage à travers le nord du Tibet.

«Un parcours hors du commun avec un puissant cheminement intérieur qui fut le centre d’intérêt de la seconde partie de sa vie. Tout comme la nature qu’elle observait chaque jour autour de son refuge alpestre de Chandolin, village valaisan perché à 2000 mètres», raconte Anneliese Hollmann, qui a rencontré l’intrépide en 1972. Très vite, une belle relation se noue entre les deux femmes. Tellement même que l’inspiratrice de l’association est devenue codétentrice des droits du fonds photographique Ella Maillart et des milliers d’images qu’abrite le Musée de l’Elysée.

«Une exposition de photos itinérante accompagne d’ailleurs la sortie du film, ajoute-t-elle. Une grande rétrospective est ensuite prévue au Musée d’art et d’histoire et au Musée de l’Elysée, en collaboration avec la Bibliothèque de Genève qui abrite, quant à elle, les fonds des écrits et notamment sa riche correspondance.»

Née d’un père d’origine belge et d’une mère danoise, «cette particularité familiale lui a donné une dimension internationale et le goût du mouvement. Un de ses oncles, ingénieur, s’était aussi installé en Russie jusqu’à la Révolution. Les parents d’Ella avaient, en outre, une voiture et voyageaient déjà beaucoup», constate encore Anneliese Hollmann.

Au Tibet à 83 ans

Et puis, son enfance au Creux-de-Genthod sera marquée par le lac où elle apprend à naviguer et aimer les grands espaces. Accompagnée de sa grande amie Miette de Saussure, la jeune Ella parcourra à plusieurs reprises la Méditerranée à la voile. «Que d’émotions, estime Bertrand de Weck. Avec les cartes, on commence à voyager en rêvant. Tu imagines des choses…» De la voile, cette sportive d’élite multisports passera ensuite au hockey sur gazon et au ski, discipline alors considérée comme «une excentricité des touristes anglais». Sans le sport, elle n’aurait, disait-elle, «jamais pu faire tous ces voyage. Aller jusqu’au bout d’elle-même».

Les voyages extraordinaires d’Ella Maillart doivent continuer à faire rayonner l’image de cette figure genevoise qui s’aventurait encore au Tibet, à l’âge de 83 ans! «Et encourager aussi d’autres jeunes à aller jusqu’au bout d’eux-mêmes», conclut Bertrand de Weck.

(TDG)

Créé: 12.06.2017, 20h53

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