«Prendre le large» et une Bonnaire magnifique

CinémaCe film de Gaël Morel décrit comment une femme préfère la délocalisation à Tanger au chômage.

Sandrine Bonnaire.

Sandrine Bonnaire. Image: DR

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Tout débute par un plan social. Des ouvrières d’une usine de textile se voient remerciées. Parmi elles, Édith, 45 ans. Qui, contre toute attente, va préférer la délocalisation. Pas tout près. Mais à Tanger, loin de la province française, loin de Paris également, là où vit ce fils qu’elle ne voit plus et avec lequel elle finit par péter les plombs. Qu’est-ce qui motive Édith, campée par une Sandrine Bonnaire d’une incroyable justesse, dans la digne filiation de la Suzanne de Pialat, à tout redémarrer au Maroc? Pourquoi aller se perdre en milieu hostile, sans repères, sans amis, sans rien, finalement? Ce film de Gaël Morel ne cherche pas à expliquer l’inexplicable ni même à raisonner sur des faits sociaux. D’ailleurs, Prendre le large n’est justement pas un film social, mais plutôt le portrait solaire et salvateur d’une femme qui se jette dans le vide pour mieux se retrouver.

Sandrine Bonnaire est de chaque plan et l’actrice paraît être placée dans la situation de son personnage, c’est-à-dire larguée dans un monde étranger. Le malaise et la détresse y sont souvent palpables, et il faut le temps du film pour apprivoiser à notre tour les autres personnages, notamment ceux qui hébergent Édith, curieuse famille décomposée qui formera comme le second poumon de notre héroïne. La fin de Prendre le large est magnifique. Sans doute le plus beau film qu’ait réalisé Gaël Morel.

(TDG)

Créé: 19.12.2017, 19h14

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