Museomix invente la médiation de demain

MuséeLe Musée d’art et d’histoire accueille jusqu’à dimanche un marathon créatif pour imaginer de nouvelles transmissions du savoir. Reportage.

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Des murs recouverts de peinture pour tableau, des post-it multicolores, des ordinateurs, des imprimantes, des chaises longues et même des fauteuils de massage: pour trois jours, les salles palatines du Musée d’art et d’histoire (MAH) ont totalement changé d’aspect. Et de fonction. Habituellement dédiées aux expositions temporaires, ces espaces accueillent jusqu’à dimanche le premier Museomix de Suisse.

Le but de cet événement, qui se déroule simultanément dans six autres villes? Inventer la médiation culturelle de demain. «Il s’agit d’un terrain d’expérimentation, pour trouver de nouvelles façons de transmettre un savoir», précise David Matthey, médiateur culturel au MAH et coorganisateur de la manifestation genevoise.

Suite à un appel à candidatures en juin dernier, 48 personnes sur 150 ont été sélectionnées pour participer. «Nous avons choisi des profils très différents, en équilibrant les hommes et les femmes, ainsi que les professionnels, amateurs et étudiants», explique David Matthey. Tout ce petit monde s’est retrouvé au MAH pour une visite rapide des collections. Puis, il a fallu constituer les équipes autour des six thèmes proposés. En veillant à réunir à chaque fois un médiateur, un codeur, un communicant, un fabricant, un graphiste et un conservateur.

Après, il ne reste qu’à se lancer. Réfléchir, trouver des idées et voir comment les concrétiser, pour arriver à la fin des trois jours (et deux nuits) avec un prototype qui fonctionne. Des experts en technique et technologie sont là pour encadrer et conseiller les participants, ainsi que des muséomixeurs chevronnés.

Echange de compétences

En ce vendredi après-midi, les équipes avancent chacune à leur rythme. Tandis que certains discutent encore du concept de base, d’autres commencent à tester leurs idées. Les tables sont jonchées de notes, de carnets, d’instructions et de vivres divers, pour mieux tenir la distance.

Les discussions vont bon train. Mais toujours dans le respect de l’autre. «Le visiteur pourrait mettre un «j’aime» ou «j’aime pas» sur chaque œuvre qu’il voit», propose un participant. «Excuse-moi, mais pour moi, en tant que médiatrice, c’est justement ce qu’il faut éviter de faire», intervient une autre membre du groupe. «Et si on tenait plutôt compte du temps passé devant chaque œuvre?» rebondit un troisième participant.

Ces différences de points de vue, ces échanges de compétences constituent justement l’un des intérêts de l’événement. «Cela me permet de rencontrer des personnes que je n’aurais jamais eu l’occasion de côtoyer», explique Maha, médiatrice. «On peut expérimenter d’une manière plus libre que dans le cadre d’un travail», complète David, développeur.

Le public au cœur

Juste à côté, on travaille sur l’encyclopédisme, ou comment faire des liens entre les différents domaines couverts par le Musée d’art et d’histoire. Leur idée: une toile constituée d’objets disposés de manière aléatoire, ou selon un critère défini. Une autre équipe, chargée de faire vivre le musée dans la cité, souhaite projeter au cœur de la ville dix chefs-d’œuvre de l’institution, qui s’animeraient lorsqu’on passerait à proximité.

Pendant toute la durée du processus, le public est invité à suivre son évolution sur les réseaux sociaux, ou sur place lors de visites commentées. Et à la fin des trois jours, il pourra venir découvrir et tester les prototypes. Car après tout, c’est pour lui rendre la visite plus belle que Museomix existe!

Museomix, au Musée d’art et d’histoire, 2 rue Charles-Galland. Visites commentées sa 7 nov. à 11 h, 15 h, 16 h et 17 h. Découverte des prototypes di 9 nov. de 16 h à 18 h, et ma 11 nov. de 11 h à 18 h. Infos: www.museomix.ch (TDG)

Créé: 07.11.2014, 19h41

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