Les recettes de Patrimoine suisse Genève pour le Musée d'art et d'histoire

Politique culturelleL'association publie les résultats de sa réflexion pour l'avenir de l'institution, après le refus de sa rénovation et de son extension par le peuple en février 2016.

Inauguré en 1910, le bâtiment réalisé par Marc Camoletti a été classé en 2016.

Inauguré en 1910, le bâtiment réalisé par Marc Camoletti a été classé en 2016. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Ils souhaitent le bien du Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH) et ne redoutent pas de le marteler. Les membres de Patrimoine suisse Genève l’ont encore redit devant la presse lundi, en présentant les avancées de leur réflexion au sujet de l’avenir de l’institution. Dans Demain le Musée d’art et d’histoire de Genève, une brochure revendiquée comme «un acte citoyen, bénévole, qui se veut une contribution utile au travail des autorités», ils livrent le résultat d’un an et demi d’investigation dans divers musées suisses et européens.

«Force de proposition»

Après avoir remporté le référendum contre le projet de rénovation et agrandissement du MAH le 28 février 2016, l’association a constitué un groupe de travail piloté par l’architecte Daniel Rinaldi, dans l’idée de «passer d’une dynamique d’opposition à une force de proposition». Le collectif s’est réuni toutes les deux semaines et a effectué des visites dans des institutions muséales récemment pourvues d’extensions, en Suisse, mais aussi en Allemagne, en France et aux Pays-Bas. Comme l’explique l’historienne de l’art Erica Deuber Ziegler, «le but était de chercher la meilleure solution pour Genève, en fonction de la taille, des spécificités et des collections du MAH».

L’exercice a confirmé l’intérêt de développer le projet sur site, en considérant la restauration de l’édifice historique et son agrandissement sur le périmètre de la butte de l’Observatoire comme un concept d’ensemble, couplé à l’annexion du bâtiment des Casemates et de celui de l’ancienne École des beaux-arts. Soit un scénario que Patrimoine suisse Genève défend depuis 2013 déjà, et qui a également les faveurs de la commission d’experts nommée par le Conseil administratif de la Ville de Genève après l’échec de la votation. Ce cénacle, présidé par Jacques Hainard, ancien capitaine des Musées d’ethnographie de Neuchâtel et de Genève, et Roger Mayou, actuellement à la barre du Musée de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a présenté un rapport intermédiaire il y a six mois et rendra ses conclusions définitives en juin 2018.

Si l’organisme de défense du patrimoine souscrit au concept urbanistique et architectural prôné par la délégation mandatée par les autorités, il se montre plus circonspect quant à ses desseins muséologiques. D’abord, se séparer de la Maison Tavel et du Musée Rath serait, selon lui, une erreur. Ensuite, inquiet de la «déliquescence» du MAH, il préconise d’en finir avec le fantasme encyclopédique pour envisager une institution pluridisciplinaire, dotée de départements forts, capables, tant au niveau du pilotage que des crédits, de développer les collections. «De nombreux témoignages nous indiquent que le MAH a perdu beaucoup de crédibilité ces dernières années, expose Katharina Holderegger, membre du groupe de travail. Il a coupé ses liens avec les musées alémaniques et les mécènes s’en sont détournés. En termes de réputation, seul son Cabinet d’arts graphiques fait exception.»

Problème de gouvernance

De l’avis de Patrimoine suisse Genève, cette désolante situation résulte d’un problème de gouvernance. Il réclame donc la nomination d’un nouveau directeur, bénéficiant d’une vraie vision, de connaissances pointues de l’histoire artistique genevoise, et qui soit de taille à orchestrer un programme d’envergure pour l’institution. «Peut-être faudrait-il faire chapeauter le MAH par une fondation, ajoute Erica Deuber Ziegler. Elle réunirait Ville, Canton, Université, collectionneurs et associations, afin d’éviter le dialogue unique entre un directeur et le magistrat.»

L’organisation appelle de ses vœux une accélération du processus, avec la mise en place d’un planning avant le rendu du rapport final de la commission d’experts: «Certaines choses sont réalisables immédiatement, comme la désignation d’un nouveau directeur, le diagnostic du bâtiment et l’organisation d’un concours d’architecture.»

Conseiller administratif chargé de la Culture, Sami Kanaan ne souhaite pas commenter une publication qu’il n’a pas reçue. «Mais nous nous réjouirons avec intérêt de découvrir leurs propositions culturelles pour le musée», fait savoir Félicien Mazzola, son collaborateur personnel. Lequel assure que le département veut «continuer à avancer dans l’ordre, avec un projet bien construit», qu’un cahier des charges et un concours sont bien prévus et qu’une communication sur le calendrier se fera au printemps.

(TDG)

Créé: 18.12.2017, 19h00

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