Les Muskatnuss assaisonnent leur virtuosité d’irrévérence. Épicé!

Spectacle musicalLe Crève-Cœur invite trois voix de muscade bien relevées à semer un «Joli Foutoir» en chanson sur son petit plateau.

I. Maret, S. Solo, N. Allaki, noix de muscade au goût prononcé.

I. Maret, S. Solo, N. Allaki, noix de muscade au goût prononcé. Image: LORIS VON SIEBENTHAL

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Piano, guitare et accordéon. Mais encore tuba, ukulélé ou cloches. Sans compter un caddie à percussions, une panoplie d’instruments improvisés et, toutes nues, trois belles voix a cappella. Celles, respectivement flûtée, scandée et fleurie, de deux rythmiciennes de l’Institut Jaques-Dalcroze, Nadège Allaki et Isabel Maret, ainsi que d’une suprême comédienne-chanteuse issue du Cabaret d’avant-guerre, Sophie Solo. Réunies depuis la fin de 2014 sous l’étendard 100% féminin des Muskatnuss, elles étoffent, sous la direction d’Annick von Kaenel, une première version de leur spectacle exprès pour honorer l’accueil colognote.

Certes, il y a leur impeccable maîtrise musicale. Bien sûr, le répertoire chansonnier dans lequel elles puisent resplendit des noms de Juliette, Sarcloret ou Pierre Perret. Ajouté à trois tempéraments plus corsés qu’une noix de muscade, tout cela agit sur l’audience comme une maladie infectieuse. Irrésistible.

Ce qui singularise surtout le tour de chant du trio, c’est son délicat parfum de soufre. Un filet d’irrévérence qui s’attarde entre deux paroles subversives, deux minauderies suggestives ou deux gestes frondeurs. Tour à tour ode au pinard («Petite messe solennelle») ou apologie saphique de la vulve («Celui d’Alice»), réquisitoire contre le consumérisme («Consorama») ou appel à l’humilité («Crotte de nez»), les textes n’hésitent pas à ruer dans les idées toutes faites. La nostalgie de bon ton («C’était l’bon temps») et la fuite en avant de la société des loisirs («Passe temps») en prennent pour leur grade. Idem pour l’hypocrisie de voisinage, la maternité obligatoire ou les préjugés sociaux. Choix des titres, agencement et interprétation, l’espièglerie généralisée de ce «Joli Foutoir» en installe un, durablement odorant, dans le placard propret du politiquement correct.


«Joli Foutoir» Théâtre Le Crève-Cœur, jusqu’au 2 juin, 022 786 86 00, www.lecrevecoeur.ch

Créé: 09.05.2019, 18h22

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