Le spectacle des deux Vincent attend encore son retour sur investissement

HumourVincent Veillon et Vincent Kucholl ont dévoilé leur nouveau spectacle, «Le Fric». Critique.

On connaissait les talents de comédien de Vincent Kucholl. On découvre ceux de Vincent Veillon, ici en paysan suicidaire.

On connaissait les talents de comédien de Vincent Kucholl. On découvre ceux de Vincent Veillon, ici en paysan suicidaire. Image: NATHAN HAUSERMANN

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Moyen? Très moyen? Cinq ans après 120 minutes et leur cours de civisme sur la Suisse puis leur récent carton télévisuel avec 26 minutes, les deux Vincent (Kucholl et Veillon) ont mis sur orbite, cette semaine au Théâtre de l’Octogone à Pully, leur tout nouveau spectacle qui se jouera aux quatre coins de la Suisse romande jusqu’en octobre prochain. Jeudi soir à la sortie du spectacle – troisième représentation qui réunissait, côté public, beaucoup d’amis, invités et journalistes –, les avis étaient mitigés. Avec raison? C’est sûr: cette nouvelle série de sketchs mérite rodage. Pour nettoyer les entournures de quelques scories humoristiques qui font plouf, pour améliorer les chutes (très faibles) et pour soigner le jeu (encore irrégulier).

Bref, pour être à la hauteur du statut de stars qui valent à ces deux locomotives de l’humour romand un amour indéfectible des spectateurs.

Que les fans se rassurent, Le fric offre aussi des moments vraiment réussis. Et la soirée n’est de loin pas désagréable car le duo conserve la mécanique de son comique: accents du terroir et romandismes, juste ce qu’il faut de pipi-caca, personnages caricaturés avec délice, qu’ils soient laissés-pour-compte, marginaux, arrivistes ou vrais requins. Apparaissent, d’ailleurs, sur scène ou dans les séquences vidéo qui rythment avec efficacité le spectacle, certains de leurs personnages déjà connus: Gilles Surchat, Julien Bovey, Klaxon et Müller…

Mais, pour l’heure, la proposition manque encore trop souvent de cette étincelle avec laquelle les deux Vincent réussissent à dégoupiller n’importe quel sujet de société, même les plus graves. En parlant d’argent, le terrain était pourtant idéal.

Le fric se déroule, en fait, comme une grande conférence sur le capitalisme, guidée par un Reto Zenhäusern (Vincent Kucholl) toujours autant convaincu des bienfaits du libéralisme. Ses démonstrations efficaces alternent avec les sketchs et clips projetés. Qui débutent à l’âge des cavernes quand la notion de propriété fait son apparition (facile!), se poursuivent dans une salle de classe où un ado voit ses ambitions professionnelles recadrées par un prof rigide, passent par une communauté de babas ou, encore, partent vers une «A-frique» (dans une séquence vidéo qui s’embourbe totalement dans la thématique de la gratuité, voire des rapports Nord-Sud).

Alors, moyen ou très moyen? Plus le spectacle avance, plus les belles fulgurances évacuent cette question. Car, une fois la salve d’applaudissements servie, restent en mémoire l’humilité avec laquelle les deux Vincent partagent leurs délires, la découverte de nouveaux caractères hilarants (entre autres, la quadra Irène Borgognon-McKay, nouvelle riche incarnée par un brillant et sexy Kucholl) et, surtout, la révélation scénique des talents de comédien de Veillon. Sa chemise de clown blanc désormais tombée, il souffle le rire (mais aussi les larmes), qu’il joue l’assistant social méprisant, le rasta «Yeah man» entouré de ses volutes de ganja, l’ado «wesh» ou le paysan asphyxié et esseulé. (TDG)

Créé: 09.02.2018, 18h22

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Le Human Brain Project avance moins vite qu'espéré
Plus...