Le Poche aux mains de Bertholet

GenèveNommé cette semaine pour reprendre la direction du théâtre dès l’été 2015, l’auteur et metteur en scène valaisan trépigne à l’idée de mener l’institution dans un galop à bride abattue.

Futur patron du Poche, Mathieu Bertholet se tourne résolument vers l’avenir.

Futur patron du Poche, Mathieu Bertholet se tourne résolument vers l’avenir. Image: Laurent Guiraud

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Il piaffe, Mathieu Bertholet! Nommé cette semaine pour reprendre dès l’été 2015 la direction du Théâtre Le Poche, l’auteur et metteur en scène né en 1977 en Valais trépigne à l’idée de mener l’institution dans un galop à bride abattue.

A la fin de la saison prochaine s’achève en effet le troisième mandat de Françoise Courvoisier – dont on ne peut ici que saluer le travail pendant ses douze ans de règne. En octobre 2013, son poste a ainsi été mis au concours par la Fondation d’art dramatique (FAD), qui gère Le Poche et La Comédie.

Sur vingt-huit candidatures reçues, toutes «de haute tenue», le Conseil de la FAD, entouré d’une commission d’experts nommée à titre consultatif, a sélectionné celle du trentenaire pour ses propositions novatrices. Par la même occasion ont été réaffirmées les missions du théâtre en Vieille-Ville: présenter une majorité de créations de textes contemporains, en particulier romands; favoriser l’emploi d’artistes locaux; faire partager l’art dramatique à un large public; développer des actions de sensibilisation auprès des jeunes et de la population genevoise; faire rayonner Le Poche en Suisse comme à l’étranger. Ces exigences, le nominé a pour les satisfaire un premier mandat de quatre ans, renouvelable deux fois trois ans, soit dix saisons en tout.

Avec la multitude de cordes qu’il a à son arc, le futur directeur entend pousser plus loin encore ces ambitions. Egrenons les galons du dramaturge aux airs de dandy: formé à l’Université des Arts de Berlin, animateur de sa compagnie MuFuThe, auteur en résidence tour à tour à La Comédie et au Grü, régulièrement publié chez Actes Sud Papiers, coinstigateur du Master en mise en scène à la Manufacture de Lausanne, enseignant à l’Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre de Lyon, mais aussi à l’Université de Louvain en Belgique, l’homme présente entre autres la double qualité d’être profondément ancré en Romandie et de bénéficier d’une solide expérience à l’étranger.

Devant Thomas Boyer et Gérard Deshusses, respectivement président et vice-président de la FAD, devant Joëlle Comé et Virginie Keller, directrice du service cantonal de la culture et cheffe du service culturel de la Ville de Genève, devant l’équipe du Poche et devant la presse, Mathieu Bertholet a déroulé son projet ce vendredi sur un trot rapide et enlevé.

Lui directeur, il placera texte et auteur au centre et à l’origine de chacune de ses productions. Pour prospecter parmi les pièces susceptibles de se voir montées, qui devront être représentatives de tous les styles d’écriture et si possible inédites, il constituera un comité de lecture composé de huit à dix professionnels. Cette étape du choix des textes sera primordiale, avant que Mathieu Bertholet ne leur désigne un metteur en scène qui intégrera dans le processus de création aussi bien l’auteur que le dramaturge associés à la saison. Le nouvel administrateur met un point d’honneur à s’interdire de mettre en scène quant à lui toute œuvre rédigée de sa main.

Deux types de propositions rythmeront la programmation: les «cargos» et les «sloops». Tandis que les premiers recoupent la notion habituelle de spectacle complet, les seconds correspondent à des formes plus modestes, plus légères, rassemblées à raison de trois ou quatre par entité. De sorte que les textes contemporains propulsés par Le Poche seront particulièrement nombreux en plus d’être récents, vivants et de valeur. A l’autre bout de la chaîne, c’est un comité de spectateurs qui sera constitué, à la fois pour bénéficier d’un accès privilégié aux répétitions et aux artistes, et pour œuvrer en tant qu’émissaires au sein de la cité.

Sa première saison (2015-16), Mathieu Bertholet la mettra sur pied tandis que sa prédecesseure sera encore en fonction. Il annonce d’ores et déjà qu’en hommage à Françoise Courvoisier, il n’y programmera que des textes de femmes, y compris traduites de l’allemand ou du suisse allemand. (TDG)

Créé: 28.03.2014, 11h22

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