La Suisse vue par les Russes

ExpositionPeintures, photos et objets retracent deux cents ans de relations diplomatiques, commencées en 1814, au congrès de Vienne.

Un café au bord du lac de Genève, par Nilolaï Clodt von Jürgensburg, 1908. Galerie nationale Tretiakov d’Etat, Moscou.

Un café au bord du lac de Genève, par Nilolaï Clodt von Jürgensburg, 1908. Galerie nationale Tretiakov d’Etat, Moscou.

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Le Musée des Suisses dans le monde propose un voyage dans l’Histoire dans le cadre de sa dernière exposition, La Suisse par les Russes. La manifestation retrace deux cents ans de relations diplomatiques entre les deux nations, dévoilant le regard que les Russes portent sur les terres helvétiques et la manière dont ils les représentaient dans la peinture ou la littérature.

Grâce à des pièces uniques, cet événement emporte le visiteur entre la fin du XVIIIe et le début du XXe siècle, avec pour point de départ l’établissement des relations diplomatiques entre la Suisse et la Russie en 1814. Le rôle joué par Alexandre Ier dans l’acquisition de l’indépendance de la Suisse, entérinée au Congrès de Vienne, est mis en avant dès le début de l’exposition. Des lettres échangées entre l’empereur et son précepteur suisse Frédéric César de La Harpe dévoile l’influence qu’a eue ce Genevois sur le souverain. Autres documents exceptionnels: les missives envoyées par le Ministère des affaires étrangères au premier ambassadeur russe en Suisse, le comte Capo d’Istria. On y découvre les principes de la politique de l’empereur à l’égard de la Suisse.

Un paradis sur terre

La visite fait la part belle à la perception que les voyageurs russes avaient des terres helvétiques. Des écrits ayant appartenu à ces premiers «touristes» présentent notre patrie comme le pays où règnent la nature, la simplicité et la liberté. Pour de nombreux artistes, la Suisse était alors l’incarnation d’un paradis sur terre. Cette image transparaît dans les peintures d’Ivan Chichkine ou de Fedor Matveev, mais également dans les écrits de Léon Tolstoï et de Fédor Dostoïevski.

De nombreux objets utilisés par les aristocrates russes qui se rendaient en Suisse dans la seconde moitié du XIXe siècle sont également dévoilés. On y trouve l’ouvrage Les lettres d’un voyageur russe, de Nikolaï Karamzine, considéré comme le «1er guide russe parlant de la Suisse» et qui a rendu le pays d’autant plus populaire ou le livre de cartes géographiques utilisé par Piotr Ilitch Tchaïkovski lors d’une de ses visites.

Dans la seconde moitié du XIXe et le début du XXe siècle, des roturiers souhaitant éviter d’éventuelles persécutions des autorités tsaristes commencent à arriver en Suisse. Le pays devient le berceau de la pensée révolutionnaire russe, en hébergeant notamment Alexandre Herzen, Mikhaïl Bakounine et Vladimir Ilitch Lénine. Les effets personnels que ce dernier avait emportés ou les dessins qui ornaient le bureau suisse d’Alexandre Herzen sont mis en avant.

La période qui suit la révolution clôt la visite. On y découvre les artistes russes ayant été forcés de s’exiler, à l’image de Sergueï Rachmaninov, Vladimir Nabokov ou Marianne von Werefkin.

Les 350 pièces exposées proviennent toutes de Russie. Prêtées par seize musées nationaux (voir l’encadré), elles témoignent de l’importance jouée par la Suisse dans l’histoire de cet immense pays.

Peu d’explications

On regrettera tout de même que les explications ne soient pas plus nombreuses, d’autant plus qu’une bonne partie des écrits est en russe. Le musée travaille actuellement à la création d’un petit guide qui devrait paraître prochainement. En attendant, et afin de saisir toute la richesse historique de ces pièces, il est fortement conseillé de se procurer le catalogue de l’exposition en vente à l’entrée du musée. A noter également la présentation, au rez-de-chaussée de l’institution, d’une dizaine d’œuvres d’artistes russes contemporains issues de collections privées genevoises, prêtées pour l’occasion.

La Suisse par les Russes. Regards artistiques et historiques, 1814-2014 jusqu’au 22 mars 2015 au Musée des Suisses dans le monde, château de Penthes, Pregny-Chambésy. (TDG)

Créé: 18.12.2014, 19h34

Une initiative du gouvernement russe

L’exposition La Suisse par les Russes a été organisée et financée par le gouvernement russe. La Confédération n’a pas pris part à cette manifestation. «Nous avons souhaité créer cet événement dans le cadre des célébrations des deux cents ans des relations diplomatiques entre nos deux pays, indique Anna Pakhomova, commissaire de l’événement et responsable du Département des expositions au Ministère russe de la culture. C’est l’occasion de montrer la culture de notre pays à l’extérieur de nos frontières et de renforcer nos relations.»

Les œuvres exposées ont été sélectionnées avec soin dans diverses institutions muséales russes. Pour l’occasion, les archives d’Etat de la fédération de Russie ainsi que seize musées nationaux ont été sollicités à l’image du Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, du Musée historique d’Etat, de la Maison musée de Tchaïkovski, du Musée d’histoire et d’étude régionale d’Omsk ou du Musée national d’histoire contemporaine de la Russie. Pas question ici de présenter les éventuels désaccords, seuls les points positifs sont mis en avant. Lors du vernissage de l’exposition, mardi soir, douze directeurs de musées russes avaient exceptionnellement fait le déplacement. Une opération qui redore l’image de ce pays, malmenée par l’actualité internationale. C.Z.B.

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