La Bâtie fait un pas en arrière et deux en avant

FestivalLa 42e édition, signée Claude Ratzé, renoue et innove à la fois.

Le nouveau cicérone du rendez-vous de la rentrée genevoise, Claude Ratzé, déroule son premier programme devant la profession.

Le nouveau cicérone du rendez-vous de la rentrée genevoise, Claude Ratzé, déroule son premier programme devant la profession. Image: LAURENT GUIRAUD

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Pour opérer sa transition vers l’automne, Genève préfère la nuit. Aussi, c’est dans une salle noircie, au sommet du Théâtre Saint-Gervais qui héberge son administration, que La Bâtie 2018 s’est révélée ce mardi. Par la voix du nouveau guide Claude Ratzé, toujours amical, parfois bafouilleur, épisodiquement monotone, une édition «dantesque» a pris forme, accompagnée de teasers vidéo et d’une ligne graphique repensée – non plus dans le décalage, mais dans le corps et ses anamorphoses.

En juin, qu’on ne se morfonde pas. Au sortir de l’été qui débute, ce sont pas moins de 52 propositions artistiques qui, du 30 août au 16 septembre, amortiront le choc. Musique, théâtre, danse, clubbing, jeune public ou interdit aux mineurs, 187 représentations s’offrent d’ores et déjà sur la billetterie numérique. Des artistes de partout, mais surtout de Romandie, des partenaires culturels à foison, des lieux en veux-tu en voilà ont rendez-vous avec vous.

Discipline par discipline – puisqu’elles reviennent en vogue –, extrayons les plus alléchants de ces rancards. Non sans noter au préalable la nette volonté de renouer avec les institutions du bout du lac: OSR, Contrechamps, Eklekto, AMR ou Kalvingrad, rayon musique; compagnies locales de théâtre ou de danse; hautes écoles de l’arc lémanique pour les projets du Label Bâtie. Bref, on vérifie comme prévu la mise en réseau des programmateurs fraîchement nommés par la Ville.

Au nombre des 18 concerts promis, tous genres confondus, on repère la venue à la Gravière (1er septembre) du rappeur francophone Grems: imprévisible, sans concession, au-dessus de la mêlée selon «Les Inrock». Ainsi que le show de notre natif Di-Meh, qui invitera tous les membres de sa crew Superwak à nourrir son flow le 14 à l’Alhambra. Et encore la visite de la tête d’affiche britannique Death in Vegas qui livrera, le 6 à l’Usine, son rock «transversal, analogique, anxieux et urgent».

Beaucoup de danse et du X

Division théâtre, outre les excellents Fondateurs, Barbara Schlittler ou 2b company du terroir, on attend avec impatience le retour de l’Iranien Amir Reza Koohestani, qui présentera «Summerless», ou la vie d’une cour d’école dépourvue d’élèves. Et sinon, portée par la vague, la Franco-Suisse Laetitia Dosch éclaboussera le Loup en montant, nue, le cheval avec lequel elle forme un couple dans «Hate». En robe noire cette fois, l’actrice donnera également à Saint-Gervais son one-woman-show impudique et radical, «Laetitia fait péter Genève». Plus inédite, la performance des Flamands Ontroerend Goed, «A Game of you», réservera au public une expérience ludique sans comédiens, mais entre soi, dans un dédale de miroirs.

Côté danse, les pointures se bousculent. Sans surprise, vu l’itinéraire du maître d’œuvre. D’Israël, le BFM recevra Hofesh Shechter, un ancien de la Batsheva, et son monumental «Grand Finale» célébrant la fraternité contre la terreur. Le Belge Koen Augustijnen et la Suissesse Rosalba Torres Guerrero rempliront le plateau de l’Esplanade du Lac, à Divonne, de dix danseurs et boxeurs pêle-mêle dans «(B)». Théo Mercier et Steven Michel feront construire à l’aveugle du mobilier IKEA à Pitoëff. Raimund Hoghe rendra hommage à son interprète fétiche Ornella Balestra. Et Jérôme Bel reprendra son «Gala» au Théâtre du Léman, dans une distribution 100% genevoise.

On ne saurait oublier les nuits du Club, encore apatride pour l’instant, qui accueilleront notamment en ouverture de festival le son qui monte de la militante féministe La Fraîcheur, Parisienne basée à Berlin. Mais le cœur nocturne de la Bâtie 2018 bat surtout sous le volet Kinky Bâtie, qui propose trois spectacles licencieux, dont les incursions touchent au sadomasochisme (Thibaud Croisy), à la pornographie (Mette Ingvartsen) ou au fétichisme (Simone Aughterlony et Jen Rosenblit). Instructif à coup sûr.

La Bâtie - Festival de Genève Programme détaillé et billetterie sur www.batie.ch (TDG)

Créé: 19.06.2018, 19h11

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