Kiosque littéraire à la Fureur de lire

ReportagePour son dernier jour, le festival proposait aux amoureux des mots une foule d’événements parfois insolites.

L’écrivain Eugène, durant son one man show littéraire à la maison Chausse-Coq, dimanche 26 novembre.

L’écrivain Eugène, durant son one man show littéraire à la maison Chausse-Coq, dimanche 26 novembre. Image: Steeve Iuncker Gomez

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«Dans un livre, j’ai lu que…» Au premier étage de la maison de quartier Chausse-Coq, l’écrivain Eugène joue les conteurs, ce dimanche. Malicieux, érudit, son one man show fait partie de la trentaine d’événements gratuits proposés ce jour-là dans le cadre de la Fureur de lire. Un dernier jour bourré de propositions passionnantes disséminées dans de nombreux lieux insolites. Il a fallu faire des choix.

Au cœur de la Vieille Ville, juste avant de filer au Palais de l’Athénée, à la Maison de Rousseau ou au Musée Barbier-Mueller, une quarantaine d’enthousiastes ont opté pour la prose savoureuse de l’écrivain vaudois. Parmi eux, le dessinateur Tom Tirabosco, qui se félicite de son choix. «Il est génial, non?» Si: moulinant sans répit, avec un joli petit talent d’acteur, Eugène télescope joyeusement Shakespeare, Racine, Voltaire, Alexandre Dumas… et Johnny Hallyday, dans différentes versions de «To be or not to be». Troussant habilement les perles littéraires, l’auteur-chroniqueur cite aussi bien Umberto Eco que Graham Greene, Marcel Pagnol ou Victor Hugo. Pas mal d’ego chez le père Hugo, beaucoup d’humour chez Eugène, irrésistible lorsqu’il prouve, déhanchement à l’appui, qu’on peut danser sur un Prix Nobel de littérature, en l’occurrence Albert Camus.

«Dans un livre, j’ai lu qu’il est parfois difficile de nommer les choses», raconte Eugène. C’est vrai. À l’étage au-dessus, maison Chausse-Coq toujours, un quintet d’écrivains se livre à un exercice aussi passionnant que délicat. Au trio composé de Catherine Favre, Mathias Howald et Benjamin Pécoud, tous membres du collectif Caractères mobiles, se sont joints en «guests» Anne Pitteloud et Antoinette Rychner. Leur ordinateur portable posé devant eux, ces cinq croisés des mots prennent part à un original kiosque littéraire. «Les gens nous passent commande d’un texte. On écoute leur histoire – quelquefois une simple phrase, voire un mot – et chacun met ensuite son univers au service des différentes demandes», explique Anne Pitteloud, à qui une jeune femme a réclamé hier… un dialogue théâtral. «Je n’ai encore jamais écrit ça», avoue l’intéressée. «C’est bien, ça nous fait sortir de notre zone de confort.»

Pour autant que les requêtes revêtent une dimension littéraire, les cinq auteurs présents assument leur rôle d’écrivain public. «On nous sollicite souvent pour des textes destinés à des proches, pour des grands événements de la vie: anniversaire, mariage, naissance, maladie, déménagement», relève Benjamin Pécoud. «Les gens ont besoin de mettre des mots sur les étapes importantes de leur vie», confirme Mathias Howald. Antoinette Rychner, qui se livrait hier pour la première fois à cette démarche de funambule, se souvient qu’on lui a réclamé autrefois des textes pour des enterrements.

Parfois, les demandes surprenantes se font plus surprenantes. Catherine Favre, hier, a vu arriver une femme avec un texte déjà rédigé, parlant d’un tableau. Sur cette petite toile façon XVIIIe exécutée par un médecin de famille et montrée dans le cadre d’une exposition intitulée Regards sur Cologny, un manoir flambait au centre du lac. «Dans cette maison, j’avais mon bureau», a expliqué la demanderesse. Quelques jours après que la dame ait voulu acquérir le tableau, en 1986, la maison a véritablement brûlé. De quoi enflammer l’imaginaire d’un écrivain… (TDG)

Créé: 26.11.2017, 17h56

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