Jean Claude Gandur publie sa collection de figuration narrative européenne

Edition L’amateur d’art présente dans un bel ouvrage 138 œuvres représentatives de ce courant artistique.

Jean Claude Grandur et Jean-Paul Ameline (à g.) devant un diptyque d’Hervé Télémaque, peint en 1965.

Jean Claude Grandur et Jean-Paul Ameline (à g.) devant un diptyque d’Hervé Télémaque, peint en 1965. Image: STEEVE IUNCKER-GOMEZ

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Sagement alignées dans de grandes caisses en bois, les toiles attendent comme des concubines un regard pour prendre vie. On est ici hors du temps et dans un espace à part. Entre les quatre murs de béton de cet entrepôt genevois sous haute sécurité somnole une collection de tableaux appartenant au courant européen de la figuration narrative. «Cent trente-huit œuvres, et une représentativité de ce mouvement artistique telle qu’aucun musée au monde n’en possède une aussi forte», si l’on en croit Jean-Paul Ameline, ancien conservateur au Centre Pompidou et responsable de la publication présentée mardi.

Car jusqu’ici, le regard attendu par ces dizaines de toiles dormantes pour exister était celui de Jean Claude Gandur, propriétaire de ladite collection, ainsi que celui des visiteurs d’expositions à la faveur de prêts. Désormais les œuvres de l’Espagnol Eduardo Arroyo, de l’Islandais Erró, de l’Allemand Jan Voos, d’Hervé Télémaque, Haïtien d’origine, ou de l’Helvète Peter Stämpfli peuvent être admirées par le grand public et étudiées par les spécialistes. Un livre très soigné, richement illustré, fait office de catalogue raisonné de chacun des tableaux entreposés ici.

Une peinture de contestation

Animé de la même fougue que lorsqu’il touche un bronze égyptien, Jean Claude Gandur a présenté mardi «ce mouvement artistique qui s’est épanoui en France dès 1961», équivalent européen du pop art anglo-saxon, «par lequel les artistes, lassés de l’abstraction, reviennent à la figuration, mais sous l’angle de la dérision, de la politique ou de la critique». Un courant qui colle de près aux mutations d’une société aux prises avec la publicité, le marketing et le consumérisme d’une part, avec la bande dessinée, la photo de presse, la diversification de l’information et des médias d’autre part. «Une peinture de contestation, qui remet en question un mode de vie basé sur la consommation», résume Jean-Paul Ameline.

«Un véritable jalon dans l’histoire de la peinture européenne, en écho à Warhol ou Lichtenstein», renchérit Jean Claude Gandur, qui a souhaité «en constituer un corpus représentatif et ne cesse de l’élargir». «Mon appétit n’est jamais rassasié!» conclut le collectionneur. «Notre plus grande difficulté pour cet ouvrage, sourit Jean-Paul Ameline, a été d’en arrêter le périmètre.»

Vingt-trois artistes et 138 œuvres y sont présentés. «Dix ans d’acquisitions à un rythme soutenu, depuis l’achat, en 2006, d’un Télémaque, la première œuvre de figuration narrative acquise par Jean Claude Gandur», précise le responsable du catalogue – un beau livre plutôt, édité avec soin par 5 Continents Éditions. Une traduction en anglais devrait sortir de presse sous peu, une aubaine pour ces artistes européens, tous vivants, travaillant à Paris pour la plupart, et peu connus pour l’instant à l’international.

«La figuration narrative», Collection de la Fondation Gandur pour l’art, sous la direction de Jean-Paul Ameline, 5 Continents Éditions, 335 p. En librairie le 22 novembre. (TDG)

Créé: 07.11.2017, 18h15

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