Cet hiver, Antigel ira partout, même à la plage

Concerts et spectaclesOutre ses fameux «made in», le festival annonce les concerts de Brigitte Fontaine, Yann Tiersen, Low et The Good, The Bad and The Queen

Brigitte Fontaine, doyenne de la chanson francophone iconoclaste, est attendue à l’Alhambra le 16 février.

Brigitte Fontaine, doyenne de la chanson francophone iconoclaste, est attendue à l’Alhambra le 16 février. Image: Tu Minh Tan

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Échos d’une conférence de presse pas comme les autres, mardi 11 décembre, au pied de la Vieille-Ville. La salle de L’Abri est bondée. Antigel présente sa 9e édition, du 1er au 23 février. Antigel fait le show. On annonce un son et lumière sur le chantier de la future plage des Eaux-Vives avec flambeaux et quatuor de batteries! Le «Feu au lac», tel est l’intitulé. Le trait d’humour n’aura pas échappé à l’assistance, qui applaudit sans plus compter. On renseigne également sur les soirées festives du Grand Central, à Pont Rouge: électroniques, Afrique du Sud, rap, pêle-mêle pour une dernière danse avant destruction de la tour CFF courant 2019. L’assistance peut s’émouvoir. Et se réjouir.

En 2019, Antigel poursuit sur sa lancée: le festival à «360 degrés» bétonne ses partenariats – privés et publics, d’où la foule présente mardi matin – et consolide sa programmation.

La musique avant tout

Il y aura des «made in», il y aura des fiestas. Il y aura beaucoup de concerts surtout, copieux service pour le festival hivernal, qui accroche à son affiche l’éructante Brigitte Fontaine, en concert à l’Alhambra, comme Low, le groupe le plus barré du moment. L’Alhambra en qualité de scène centrale, ce sera encore Yann Tiersen, Sophie Hunger, Anna Calvi, Yo La Tengo, Odezenne et L’Or du commun. Ailleurs, dans les piscines, dans les chapelles, au Lignon, au Chat Noir, lorsque ce n’est pas carrément dans l’enceinte réputée imprenable de l’Usine, on y verra Feu! Chatterton, Fontaines D.C., Delgrès, J.S. Ondara, Odette, Altin Gün ainsi que la clique genevoise des Di-Meh, Slimka et cie pour les 10 ans de leur label et manageur, Colors Records.

Liste pléthorique de groupes qui comptent, faute d’avoir attrapé la star absolue. Et ce ne sera pas Seu Jorge, le Brésilien préféré des Européens. Quand bien même celui qui thésaurise son succès d’estime pour avoir un jour repris, bellement il faut le dire, le répertoire de Bowie, aura pour cadre de sa prestation les ors du Victoria Hall. Là où ira aussi (mais pour cela il faudra attendre le 22 juillet) le super-groupe, le «all stars band» The Good, The Bad and The Queen, avec entre autres membre le chanteur Damon Albarn. Le voilà, le coup de maître des programmateurs.

Son quota d'«arts vivants»

J’en oublie? Et des meilleurs. Du théâtre. Comme de la danse. Tellement de tout qu’on n’ose plus dire autrement qu’«arts vivants», s’exclame Prisca Harsch, programmatrice des choses vivantes… Saint-Gervais collabore pour «Eromania (History of X)», une pièce de Caroline Bernard et Karim Bel Kacem sur l’industrie des «camgirls». Sexualité, commerce, ère numérique. Et puis chair, identité et gender: le commun de la tragédie actuelle défile ici, Yves-Noël Genod quêtant pour sa part son Proust intérieur dans «La recherche», tandis que le Grütli accueille «MDLSX» (dites «middlesex») de la Cie Motus avec l’explosive Silvia Calderoni. Et ainsi de suite, au Forum Meyrin la danse techno hard core de (La) Horde, au Lignon la «Furia» de la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues, au Théâtre du Bordeau de Saint-Genis-Pouilly, Philippe Saire et son «Hocus Pocus» inspiré du «Grand Cahier» d’Agota Kristof.

Ainsi fait, Antigel 2019 peut à nouveau soutenir son projet de «safari culturel», son ambition de «concept novateur», où «entreprises» et «institutions internationales» entrent comme de juste et si noblement a priori dans le «témoignage» de cette «force collective» qu’entend représenter le festival. Compris? Car tels sont les mots choisis des organisateurs, des mots d’expert ès discours tel qu’un politicien en campagne en raffolerait.

Roi de la communication

«Notre programmation est inspirée par les communes», assure Eric Linder. Dix-sept mairies du canton qu’il faut soigner, qui y mettent des sous (45% de subventions communales pour un budget total de 2,7 millions de francs) afin qu’elles trouvent leur compte dans cette «migration culturelle» du centre vers la périphérie, ainsi que les organisateurs aiment à décrire le programme. Antigel, encore, qui fait du social, qui travaille à l’émergence culturelle.

D’ailleurs, Antigel est-il encore un festival? «Comme vous pouvez le constater sur l’affiche, relevait mardi son directeur artistique, Eric Linder, le mot «festival» a disparu. Plus besoin. Antigel, aujourd’hui, est bien plus que cela.» Et c’est vrai. Antigel s’impose à Genève comme le roi des festivals. Antigel est le roi de la communication. Mais Antigel nous baratinerait, s’il n’était, dans le fond, le vrai fond, une affiche solide.

9e Antigel Du 1er au 23 février 2019, divers lieux. Infos et programme complet: antigel.ch (TDG)

Créé: 11.12.2018, 19h29

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Grève des jeunes pour le climat
Plus...