Barthélemy Menn, maître à dessiner de Hodler

ExpositionsLe Cabinet d'arts graphiques présente l’œuvre de ce peintre qui mit la pédagogie devant sa carrière.

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Comme Calame ou Liotard, il a son nom au fronton du Musée d’art et d’histoire (MAH). Mais Barthélemy Menn demeure moins connu que ses illustres pairs. Pourtant, le peintre, dont l’aisance technique lui valut une place dans l’atelier parisien du grand Ingres, a laissé une œuvre virtuose et formé des générations d’artistes à Genève dans la seconde moitié du XIXe siècle. Le Cabinet d’arts graphiques consacre une exposition savante à ce grand pédagogue, auquel Ferdinand Hodler disait tout devoir, ouvrant ainsi les feux commémoratifs voués au centenaire de la mort de ce dernier.

Pensé par Marie Therese Bätschmann, l’accrochage s’articule en quatre chapitres et vise à mettre en lumière les recherches de Menn sur la représentation. Les deux premiers se consacrent au paysage, avec une salle vouée aux vues du Wetterhorn et une autre aux dessins et huiles réalisés autour de Sion et de Coinsins (VD), où l’épouse du maître possède une maison; ce sont les personnages qui occupent les deux volets restants, dans les compositions puis les portraits.

Indiscutable habileté

Fondant son art sur une connaissance minutieuse de ses sujets, le peintre genevois en étudie toutes les facettes, les projetant sur le papier ou la toile jusqu’à l’obsession. «Il avait l’habitude de tourner autour des lieux, d’en considérer plusieurs points de vue», explique la commissaire. On peut ainsi contempler des groupes de tableaux où se répète le même panorama, avec des variations dans le traitement de la lumière et des détails, faisant la preuve d’une indiscutable habileté à user de divers médiums – crayon, gouache, encre, fusain, huile.

Lors de séjours en Italie et à Paris, l’artiste met la même ardeur à copier les grands peintres, jusqu’à s’en approprier les thèmes et les inscrire dans sa propre grammaire picturale. Ainsi de la reproduction du Débarquement de Marie de Médicis à Marseille de Rubens, étudiée entre 1840 et 1842, qui lui inspire, en 1843, Les Sirènes, rhabillées pour les prudes Genevois, en 1848, dans Les Promises des pêcheurs.

Tous les talents d’enseignant de celui qui préféra la transmission de son savoir à la poursuite de sa carrière sont bellement mis en valeur dans l’espace du fond. Le spectateur y découvre les panneaux didactiques qu’il développe dans les années 1870, ses études rigoureuses de l’anatomie, de l’équilibre et du mouvement, ainsi qu’une série de remarquables autoportraits.

«Barthélemy Menn, savoir pour créer» Jusqu’au 8 juillet au Cabinet d’arts graphiques, promenade du Pin 5


Le MAH dévoile un Ferdinand Hodler insolite et intime

Alors que les chefs-d’œuvre de la collection sont réquisitionnés pour la rétrospective prévue en avril au Musée Rath, l’étage des beaux-arts du MAH consacre une salle aux tableaux moins connus de Ferdinand Hodler. Intitulée Hodler intime, cette présentation met en valeur le thème du portrait. On y croise des effigies de femmes, de mécènes ou d’amis du peintre, des représentations de lui-même à différents âges de la vie, ainsi que quelques arbres, conçus comme des figures. Il y a là aussi plusieurs vues du lac de Thoune et du massif du Stockhorn, comme des paysages du Léman, dont la dernière toile réalisée depuis son appartement du 29, quai du Mont-Blanc, restée inachevée.

L’accrochage est rythmé par des phrases tirées des notes et de la correspondance personnelle de l’artiste: «Je vis pour réaliser une idée», lit-on par exemple à côté d’un Autoportrait à vingt ans, où l’on découvre un jeune homme glabre assez éloigné de la maturité barbue connue du grand public. Au centre de la galerie sont exposées quelques pièces de mobilier du salon de Hodler, permettant une évocation physique de sa vie quotidienne. Dessinées par le célèbre architecte et designer autrichien Josef Hoffmann, ces quelques chaises et jardinières en bois noir disent les liens du peintre bernois avec Vienne: en 1904, il y triomphe à la Sécession.

À noter que cet espace sera désormais évolutif et servira à des accrochages temporaires d’œuvres des collections. Il fait partie d’une réorganisation globale et très bienvenue du premier étage du MAH, sous l’impulsion de Lada Umstätter. La nouvelle conservatrice en chef en a déjà remodelé la moitié, ressortant des réserves des trésors de la modernité helvétique, osant le dialogue entre la sculpture et la peinture, et le panachage des grandes signatures internationales avec les noms plus confidentiels de la création locale. (TDG)

Créé: 05.03.2018, 17h55

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