BIG, agora éphémère de conteneurs

ManifestationLa première édition de la Biennale des espaces d’art indépendants de Genève (BIG) se solde par un succès.

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Le MAC (Manifestation d’art contemporain organisée à trois reprises par la Ville de Genève) aura fait place au BIG, détournant malicieusement le produit phare de la chaîne de restauration rapide connue comme un symbole du capitalisme global. Loin d’être gratuite, l’allusion s’enracine dans un engagement partagé par les 35 collectifs d’artistes qui s’exposaient ce week-end sur la plaine de Plainpalais. «Nous sommes responsables de notre richesse et des exodes qu’elle provoque, qu’elle a provoqués et qu’elle provoquera», lisait-on sur la banderole affichant, en bordure de zone occupée, sa solidarité avec «les émigrés, les déracinés, les réfugiés politiques et économiques».

Sous un soleil saharien

Il y a donc le contenu: ce message alternatif que sont venues grossir toutes sortes de propositions artistiques émanant d’ateliers de production disséminés à travers la cité, et fédérés par un comité de coordination. Transes dansées, installations vidéo, concerts, lectures, expos insolites d’armes primitives ou de selfies à saucisses se sont donné à voir sous un soleil saharien – tempéré heureusement par une douche aménagée ici, là une piscine gonflable pour marmots nus, et, à intervalles réguliers, les indispensables débits de sirops, bières et cocktails divers.

Faire connaître le travail de l’effervescente scène créative locale à travers la médiation culturelle, sans aucune visée commerciale: pareil objectif nécessitait clairement un contenant. Pour les connotations qu’il s’est peu à peu acquises, le conteneur maritime s’est imposé. En 47 exemplaires, savamment entassés par le collectif d’architectes Bureau A, spécialisé en constructions temporaires, et déjà auteur d’interventions comparables à Genève. Un microcosme reproduisant la forme du site druidique de Stonehenge, en Angleterre, avec sa singularité, sa population, ses rites, ses mendiants et… ses frontières.

Risque d’un «entre soi»

Paradoxalement replié sur lui-même, ce village éphémère censé interagir avec l’espace public urbain? Laurence Wagner, directrice du Théâtre de l’Usine qui y tenait son cube, reconnaît à la fois le «piège possible de consanguinité» et la «gentrification des containers façon favelas de luxe». Mais elle insiste: «Des artistes éparpillés se sont rassemblés autour d’un même axe fédérateur, et à la lumière du jour. Je trouve que c’est déjà pas mal». Insiders ou badauds, les visiteurs ont semble-t-il apprécié l’expérience. Quant aux artistes, ils attendent de pied ferme qu’elle se renouvelle en 2017.

Créé: 28.06.2015, 20h21

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