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La culture, une lutte pour toutes les couleurs

Vingt candidats au Conseil d’État ont croisé leurs opinions lundi soir autour de l’initiative «Pour une politique culturelle cohérente». Récit

Les vingts candidats au Conseil d'Etat réunis lundi soir à l'Opéra des Nations.
Les vingts candidats au Conseil d'Etat réunis lundi soir à l'Opéra des Nations.
GABEE / BYGABEE.COM

Quel avenir pour la culture à Genève? La question qui se pose ces mois-ci en ville et partout dans le canton a acquis une dimension et une acuité notables. S’il fallait en mesurer l’urgence, il suffirait de considérer la taille de la tablée politique installée lundi soir sur la longue scène de l’Opéra des Nations. Entre les murs d’une salle habituée à d’autres dramaturgies, voilà donc un aréopage de candidats briguant un siège au Conseil d’État genevois lors des prochaines élections: ils sont vingt, sur les trente et un figurant sur les listes électorales; ils sont de tous bords et de toutes familles politiques, à l’exception notable de l’UDC, qui n’a pas pu envoyer ses représentants. Observée depuis le siège du spectateur, l’estrade paraît interminable.

Les présents ont répondu positivement à l’invitation du comité promoteur de l’initiative populaire cantonale constitutionnelle «Pour une politique culturelle cohérente à Genève». Ils sont là pour déployer leurs positions, défendre leurs lignes et, si nécessaire, soutenir la confrontation avec leurs adversaires. Face à un public nourri mais pas débordant – trois cents personnes tout au plus – les débats se sont déroulés dans un climat apaisé et sur un ton poli, bien que les mises au point quelque peu musclées n’aient pas manqué.

Allons dans l’ordre, car l’exercice passe tout d’abord par l’exposition des positions des candidats présents. De la conseillère d’État socialiste sortante Anne Emery-Torracinta, en charge du Département de l’instruction publique, de la culture et des sports, à Jérôme Fontana (Vert’libéraux), assis à l’autre extrémité de la scène, chacun dispose de trois minutes pour convaincre.

Faut-il, comme le souhaitent les initiants, donner au Canton le rôle de coordinateur dans ce mouvement à trois qui englobe, dans la gestion de la culture, la Ville et les communes de la République? L’initiative vise cela précisément. Après les atermoiements et les échecs manifestes de la Loi-cadre sur la répartition des tâches entre les communes (LRT), il faut, disent les uns, établir «en concertation avec les communes et les villes une politique culturelle genevoise globale pour les soutiens à la création artistique (recherche, production et diffusion), au patrimoine, à l’accès à la culture et aux institutions».

Qu’en pensent les autres? Les invités? Après le concert convenu et unanime soulignant l’importance irréductible de la culture dans la société, quelques bémols et des divergences surgissent. À gauche (PS, Verts, Ensemble à Gauche), on se félicite de l’initiative et on la soutient ouvertement. Ailleurs, les positions se nuancent. Le PLR-PDC-Entente, représenté notamment par Nathalie Fontanet et Alexandre de Senarclens, estime par exemple que les lois existantes prévoient déjà les objectifs prônés par l’initiative.

Ailleurs encore, pour le MCG, représenté par Daniel Sormanni, on regarde d’un œil bienveillant l’initiative, tout en considérant que les modifications de la Constitution ne changeront rien et qu’il faut renouer le dialogue entre les trois parties. Près de trois heures plus tard, alors que Magali Orsini et Pierre Gauthier (Liste pour Genève) ont depuis longtemps quitté le débat, offusqués du peu de temps de parole octroyé, les initiants congédient public et invités. Ce pan de la campagne électorale s’achève ainsi, sans que les lignes des uns et des autres n’aient bougé d’un cheveu.

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