Passer au contenu principal

Les Créatives, 15es rugissantes

Le festival féminin et féministe débute mardi. Rencontre avec ses codirectrices, Anne-Claire Adet et Dominique Rovini.

Les 15es Créatives ont invité le collectif américain Guerrilla Girls, qui a posé ses affiches subversives à travers la ville.
Les 15es Créatives ont invité le collectif américain Guerrilla Girls, qui a posé ses affiches subversives à travers la ville.
Steeve Iuncker-Gomez

«Nous voulons changer le monde.» Telle est l’ambition des Créatives, 15e édition. Du 12 au 25 novembre, le festival féminin et féministe propose concerts, tables rondes, performances et théâtre (lire ci-contre). Rencontre avec Anne-Claire Adet et Dominique Rovini, codirectrices.

En quoi Les Créatives se distinguent-elles des autres manifestations culturelles?

Anne-Claire Adet (A.-C.A.): Le festival est non seulement artistique mais également politique, avec un thème, une cause, un engagement.

Dominique Rovini (D.R.): Les Créatives sont 100% féminines. Ce qui n’exclut pas totalement les hommes. Mais ce sont les femmes qui ont le «lead» sur les projets artistiques, ce qui n’est pas le cas des autres festivals à Genève.

Après le succès de l’édition 2018, le public suit-il toujours?

A.-C.A.: S’il fallait provoquer l’enthousiasme il y a un an encore, désormais le programme répond à une attente bien réelle.

D.R.: Cela suppose des choix artistiques de plus en plus forts. Nous cherchons toujours à relier le contenu féministe avec le culturel.

Comment intéresser de nouveaux publics?

D.R.: Vanessa Paradis joue à la salle des fêtes de Thônex le 22 novembre, en partenariat avec l’organisateur privé Opus One. Voilà une porte d’entrée immense, 1500 personnes susceptibles de s’intéresser au reste de la programmation. Le concert est complet, tout comme le spectacle «Viril» ce mardi à l’Alhambra.

Pour vos tables rondes, faut-il inviter des contradicteurs?

A.-C.A.: Le débat social est déjà extrêmement polarisé. Nous ne voulons pas renforcer cet aspect. Les Créatives proposent un espace de dialogue. Ce qui n’empêche pas la contradiction, tant que le cadre reste bienveillant. Il existe de nombreux courants féministes, parfois dogmatiques. Raison pour laquelle Les Créatives ne s’inscrivent dans aucune chapelle. L’objectif est de rassembler.

Les Créatives ont-elles une influence sur la cité?

A.-C.A.: Si nous pouvons réunir des personnes différentes qui cherchent toutes un même bien commun, sans être toujours d’accord sur les moyens d’y arriver, alors Les Créatives auront une influence sur la société.

D.R.: De par son éclatement, avec plus de trente lieux partenaires, le festival fait tache d’huile. Notre but est de contaminer tout le monde, de sorte qu’on aille ensemble vers plus d’égalité.

Et l’art dans tout ça?

D.R.: L’art propose un regard nouveau sur la société. C’est «King Kong Théorie» de Virginie Despentes, l’équivalent du «Deuxième Sexe» de Beauvoir pour notre génération. Ce sont les Guerrilla Girls, qui questionnent les stéréotypes dans l’art contemporain – leurs affiches sont partout sur les lieux du festival. C’est la rappeuse Kate Tempest, qui joue le 25 novembre à l’Alhambra.

Y a-t-il urgence à organiser Les Créatives?

A.-C.A.: Oui, il y a urgence, c’est pourquoi notre programme est large et ambitieux. Nous ne pouvons aujourd’hui aborder les questions d’égalité par la bande. Nous avons une obligation politique, morale, de taper fort. Les éléments sont en place maintenant pour que ça bouge.

Les Créatives Du 12 au 25 nov., divers lieux. Infos: lescreatives.ch

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.