Constructions tous azimuts

ThéâtreLes Fondateurs échafaudent un «Dom Juan» délicieusement instable à Pitoëff.

Suprêmes Aline Papin, Aurélie Pitrat, Mélanie Foulon et François Herpeux dans le «Dom Juan» de Molière et des avant-gardistes Fondateurs.

Suprêmes Aline Papin, Aurélie Pitrat, Mélanie Foulon et François Herpeux dans le «Dom Juan» de Molière et des avant-gardistes Fondateurs. Image: Laurent Nicolas

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Depuis 2009, les Fondateurs s’autoconstruisent sur scène – essentiellement celle du Théâtre de l’Usine. Après «Les Fondateurs font du théâtre», «…se marient», «…font des enfants», «…s’installent», voici le duo de maçons-architectes Julien Basler et Zoé Cadotsch se frotter au répertoire classique. Jusqu’ici, leurs partitions jaillissaient de l’assemblage en direct d’une scénographie. Avec le «Dom Juan» de Molière, l’étincelle naît de la friction entre le texte, intact, du XVIIe siècle, et la fabrication, immédiate, de ses conditions d’énonciation sur le plateau du Pitoëff.

Leurs comédiens (suprêmes) François Herpeux, Aline Papin, Aurélie Pitrat et Mélanie Foulon, tantôt empilent en leur propre nom cartons vides ou branches d’arbres, tantôt s’avancent un à un pour donner chair, pêle-mêle, aux différents personnages secondaires. Le Dom Juan, lui, reste pareil à lui-même: perruque à lourde mèche frontale, slip kangourou, poses infatuées et diction de puissant (un Chirac à s’y méprendre). Idem de son valet Sganarelle, qui garde d’un bout à l’autre sa verve de valet au féminin. Tandis que se façonne la statue du Commandeur en arrière-plan, s’échafaude ce syllogisme délicieusement en porte-à-faux: plus l’hypocrisie du séducteur choque, plus celle du mécanisme dramaturgique ravit. Brique par brique, tout jugement hâtif s’effondre. De farcesque à réaliste, le jeu triomphe. À savourer sans délai, comme un pendant artisanal et hilarant à la version mozartienne qui résonnera dès vendredi à l’Opéra des Nations.

«Dom Juan» Théâtre Pitoëff, jusqu’au 2 juin, 022 808 04 50, www.pitoeff.ch (TDG)

Créé: 28.05.2018, 17h09

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