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Á la Comédie, le «Schmürz» assomme à coup de pléonasmes

Gian Manuel Rau monte un doublet de huis-clos familiaux, l'un de jean-Luc Lagarce, le second de Boris Vian. Fastidieux.

Isabelle Vesseron donne corps à un intrus peu ragoûtant qui vient menacer l'ordre bourgeois.
Isabelle Vesseron donne corps à un intrus peu ragoûtant qui vient menacer l'ordre bourgeois.
MARIO DEL CURTO

Faut-il blâmer le «Schmürz»? Imputer un fiasco à la consonance du sous-titre que Boris Vian donna en 1959 à ses «Bâtisseurs d’empire», et que le Suisse Gian Manuel Rau reprend pour chapeauter la fusion de ce texte avec l’«Erreur de construction» due à Jean-Luc Lagarce en 1977? Serait-ce pour redoubler cette onomatopée évoquant le dégoût que Rau sature ainsi sa mise en scène de bruitages exagérément explicites?

Dans chacune des deux pièces qu’il raccroche sur la base de quelques vagues échos thématiques, les sons, mais aussi les costumes criards et les voix braillardes surlignent l’absurde sur le mode de la redondance. Si José Lillo tire son épingle d’un jeu (farcesque) à contre-emploi, et si les huis clos successifs réactualisent à raison la peur rampante qu’une bourgeoisie peut éprouver devant le danger d’un désordre, l’absence de finesse du rendu l’emporte largement sur ses qualités virtuelles.

C’est simple: plus ça crie sur le plateau, moins les dialogues atteignent leur cible. Du coup, au mitan du spectacle, l’arrivée en scène du pauvre Schmürz soulage, même si la créature (Isabelle Vesseron) présente un excès d’appendices sexuels et d’excroissances scatologiques, à leur tour parfaitement superfétatoires.

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«Schmürz» La Comédie, jusqu’au 15 nov., 022 320 50 01, www.comedie.ch

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