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«Ma Colombine», autobiographie par procuration d’Omar Porras

Fabrice Melquiot signe le texte de ce solo mis en scène et interprété par le directeur du Théâtre Kléber-Méleau à Renens.

Un spectacle sur, pour et par le Colombien Omar Porras, fondateur à Genève du Teatro Malandro.
Un spectacle sur, pour et par le Colombien Omar Porras, fondateur à Genève du Teatro Malandro.
ARIANE CATTON BALABEAU

C’est une affaire amicale autant que familiale, qui séduit à la ronde. Réjouissance pour le public dès 10 ans autant qu’hommage au lauréat du Grand Prix suisse du théâtre 2014, «Ma Colombine» tire parti de la plume de Fabrice Melquiot ainsi que de son plateau à Am Stram Gram, du jeu comme du vécu du comédien, metteur en scène, pédagogue, directeur de salle et, ici, décorateur-éclairagiste Omar Porras, nourri par une longue osmose avec son frère Freddy, scénographe. Le talent de plusieurs poètes mis bout à bout, en un mot.

Le titre du seul-en-scène joue sciemment sur ses évocations plurielles. Le personnage clownesque adresse un clin d’œil aux diverses traditions théâtrales que mêle la pratique de l’artiste. De la tourterelle, ce dernier partage le goût du voyage et le souci du messager. Enfin, de cette Colombie où plongent les racines d’un imaginaire chatoyant, chacun entend l’écho. Le monologue suit ainsi pas à pas le parcours d’Omar, rebaptisé pour l’occasion Omar Tutak Hijo de Chibcha Vuelo de Condor Suvan y Ven: de l’enfance illettrée à Bogotà au ventre d’une baleine pavée des tréteaux les plus fous, en passant par le rêve d’ailleurs qu’incarne un temps l’armée…

Suite à un périple effectué ensemble le long de la cordillère des Andes, Melquiot rédige le couplet. Il aura Porras pour objet, sujet et interprète. Tantôt clown, bouffon ou arlequin, celui-ci y cumulera tous les rôles: père, mère, frangin, mais aussi les fantômes d’Ariane Mnouchkine ou de Friedrich Nietzsche, la lune, la princesse, l’amante. Il adoptera tous les tons, passant du maître au pitre, de l’exilé au champion de course, du mendiant à l’illuminé; ne lésinera sur aucune dépense d’énergie, dansant, sautant, s’égosillant, ici près d’un tas de pierres, là d’un arbre esseulé sous les éclairages colorés typiques de son Teatro Malandro. Au terme de son marathon, il aura même cabotiné un tantinet – il paraît que les enfants aiment ça.

«Ma Colombine» Théâtre Am Stram Gram, jusqu’au 27 jan., 022 735 79 24, www.amstramgram.ch

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