Le Cirque du Soleil retrace l’odyssée de l’homme

Avant-premièreVisite en coulisses avant la venue à Genève du spectacle «Totem», en mai prochain.

L’homme descend du primate et remonte jusqu’au businessman. Une des scènes de «Totem», un show visuellement spectaculaire et non dénué d’humour.

L’homme descend du primate et remonte jusqu’au businessman. Une des scènes de «Totem», un show visuellement spectaculaire et non dénué d’humour. Image: matt beard

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D’abord un trait de pinceau, pour appliquer du blanc au-dessus des pommettes. Puis un cercle jaune autour des paupières, avant un rehaut de bleu électrique, façon «Avatar». Dans les coulisses du Cirque du Soleil, face à un petit miroir vertical, Jonathan Buese se maquille avant d’entrer en scène. L’artiste américain suit un protocole décrit point par point, photos à l’appui, sur un mode d’emploi détaillé. Il est 16 h, le spectacle ne commence qu’à 20 h. «Il me faut bien quarante-cinq minutes pour me préparer», explique cet ancien gymnaste âgé de 31 ans. «Après, il y a l’échauffement, un repas à avaler. Au plus tard, je suis présent deux heures avant le début de la représentation.»

Métamorphosé en batracien, méconnaissable, le Floridien va alors bondir sur un trampoline et multiplier les rotations à la barre fixe. Depuis cinq ans, il fait partie du casting de «Totem», un show visuellement très élaboré, retraçant l’évolution de l’homme de son état primitif d’amphibien jusqu’à son désir de voler. À découvrir à Genève dès le 9 mai 2019, sur la plaine de Plainpalais.

En chinois, en mongol

Pour l’heure, Jonathan réside à Paris, avec le reste de la troupe du Cirque du Soleil, plus d’une centaine de personnes de 28 nationalités différentes. Derrière le rideau qui les sépare des spectateurs, des gens se croisent et s’apostrophent en anglais, en chinois, en russe, en espagnol, en finlandais ou encore en mongol. «On est comme une miniversion des Nations Unies… mais qui fonctionne», plaisante Olivier Fillion Bouttin, un Canadien chargé des relations publiques. Sans jamais quitter son talkie-walkie, l’homme pilote les visiteurs à travers les tentes géantes dressées pour l’heure sur la plaine de Bagatelle.

Dans celle réservée aux artistes, des centaines de costumes pendus sur des cintres attendent que leurs propriétaires viennent les revêtir. «Tous les habits qui sont en contact avec la peau sont lavés après chaque représentation», précise notre cicérone. Posés sur une table toute proche, des masques simiesques en caoutchouc évoquent un remake de «La planète des singes». À deux pas, sur un grand tapis bleu en mousse, des comédiens s’échauffent. L’un d’entre eux fait valser son diabolo à une vitesse hallucinante. À disposition des autres, des espaliers, un home-trainer, des haltères, un sac de sable pour boxeur. Ici, le cirque prend des allures de salle de fitness.

Jeu de séduction

À quelques mètres, un vaste écran de télévision permet à tous ceux qui le souhaitent de revoir leurs prestations. Chaque numéro est filmé quotidiennement et mis à disposition des artistes. «C’est très utile pour ne pas tomber dans la routine ou pour vérifier certains détails», commente Mélanie, jeune Québécoise de 22 ans. «Je suis un des deux oiseaux du spectacle. Avec mon partenaire Alexandre, on présente un duo au trapèze», poursuite l’ex-gymnaste, formée à l’École nationale du cirque de Montréal. Dans un jeu de séduction élaboré, elle et lui se courtisent et s’apprivoisent, plusieurs mètres au-dessus de la piste. «On sent que l’autre nous attire, on se taquine, en montrant l’évolution d’une relation amoureuse.»

Québécois lui aussi, Alexandre participe à «Totem» à la fois en coulisses et sur scène. Batteur, il a appris à jouer de la guitare pour le spectacle. En compagnie de sept autres musiciens et chanteurs, le Canadien de 35 ans évolue en direct. «Je suis là pour soutenir le rythme. Et du rythme, il y en a!» Derrière ses fûts masqués par les roseaux du décor, notre homme garde un œil sur un petit écran de télé, attentif aux acrobaties en cours, qu’il s’agit d’accompagner au quart de seconde près. «Tout est en principe parfaitement réglé. Mais il faut rester constamment en alerte, anticiper très légèrement les mouvements et réagir à l’action.» Ponctuellement, Alex quitte l’ombre pour se projeter en pleine lumière, guitariste et choriste d’un show sans temps morts jouant avec différents personnages archétypaux.

Performances physiques

Après les premiers balbutiements de la vie dans un milieu aqueux suggéré par des projections vidéo, différents tableaux dépeignent la fantastique odyssée de l’homme. «Inspiré des récits fondateurs des premiers peuples, «Totem» explore la naissance et l’évolution du monde», explique Robert Lepage, concepteur et metteur en scène. Déjà présenté plus de 2800 fois dans une quarantaine de villes, le spectacle décline les standards du Cirque du Soleil. Des performances physiques à couper le souffle en premier lieu, comme celles d’un trio de voltigeurs à la barre russe, s’élançant vers le ciel dans une évocation du désir de l’homme de s’arracher à la gravité terrestre. De l’intensité aussi, tel ce couple en patins à roulettes exécutant des vrilles hallucinantes sur un plateau de moins de deux mètres de diamètre.

Moins présente, l’émotion s’efface au profit de l’humour. Notamment à travers cette scène qui voit un businessman en complet-cravate rejoindre une lignée composée de primates, d’hommes de Cro-Magnon et de Néandertaliens. Image saisissante de l’évolution.

Cirque du Soleil, «Totem». Du 9 mai au 2 juin 2019, plaine de Plainpalais. Billets en vente sur www.cirquedusoleil.com ou www.ticketcorner.ch

(TDG)

Créé: 04.12.2018, 14h41

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