Valérie Donzelli séduit la Piazza avec sa comédie

Festival de Locarno«Notre dame» narre un appel d’offres burlesque autour de la cathédrale parisienne.

L’actrice, scénariste et réalisatrice française Valérie Donzelli présente son film «Notre dame» à Locarno.

L’actrice, scénariste et réalisatrice française Valérie Donzelli présente son film «Notre dame» à Locarno. Image: Keystone

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Il y a un peu plus de deux mois, un incendie ravageait une partie de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Curieux hasard, Valérie Donzelli a justement tourné son film, «Notre dame» (elle tient au d minuscule), dans un contexte analogue. Racontant comment un appel d’offres perturbe la vie d’une architecte enceinte tiraillée entre deux hommes, celle qui avait ébloui Cannes avec «La guerre est déclarée» il y a quelques années opère un retour réussi sur une Piazza pleine à craquer. Quelques heures plus tôt, on tentait de la rassurer avec nos questions.

Pourquoi avoir opté pour le registre burlesque dans ce nouveau film?

Le genre m’a toujours attirée. Il est à la fois décalé et modeste. Avec une façon de déjouer les règles qui me plaît davantage que le naturalisme. Ma force, c’est de le pratiquer dans une totale inconscience.

Quelle a été votre réaction en découvrant l’incendie qui a endommagé Notre-Dame en juin dernier?

J’étais catastrophée. Pas seulement pour le film. En ce qui nous concerne, nous avions tout tourné, et le film était même déjà monté. Mais cette peur de l’accident, ou de l’attentat, ou de la catastrophe, je l’avais avant de tourner. C’est pour cela que nous avons mis en boîte toute la partie Notre-Dame-de-Paris au début. Les «gilets jaunes» sont survenus juste après, et le mouvement aurait d’ailleurs pu envenimer les choses. À Paris, depuis l’instauration du plan Vigipirate, les tournages de films sont compliqués. La ville n’est pas faite pour ça.

Pierre Deladonchamps, Bouli Lanners, Virginie Ledoyen, Thomas Scimeca, Isabelle Candelier, Philippe Katerine, vous-même, quel casting! Était-ce tous les comédiens auxquels vous aviez songé au départ?

Oui. Et en général, si un comédien n’est pas libre pour un film, cela signifie que je vais trouver mieux. Ensuite, il me fallait trouver une cohérence entre tout ce monde-là. Il fallait faire en sorte qu’on les découvre, qu’on soit surpris.

Dans un petit rôle, il y a même le Suisse Lionel Baier, qui vous avait dirigée dans «Les grandes ondes» en 2013.

C’est un ami. Nous avons d’ailleurs la même monteuse, Pauline Gaillard. Je le trouvais bien, Lionel, dans ce court rôle de journaliste télé.

Comme réalisatrice, vous paraît-il indispensable d’apparaître des deux côtés de la caméra?

Ce film-là été conçu et pensé ainsi. On ne dirige pas de la même façon des acteurs lorsqu’on joue avec eux. Cela permet aussi de maîtriser davantage la relation que nous avons.

Chacun de vos films représente-t-il un nouveau défi?

Chaque fois. J’ai pu faire «Notre dame» en me nourrissant des expériences précédentes.

Et quand il faut le montrer, comme à Locarno sur la Piazza, où il s’agit d’une première mondiale?

Je suis terrorisée. En général, pour me guérir de cette peur, je me lance directement dans un autre projet. Là, j’écris un film pour Arte.


Une compétition en attente de son Léopard d’or

Le Locarno Film Festival arrive bientôt à mi-parcours, mais le sentiment que nous n’avons pas encore vu le film qui remportera le Léopard d’or prédomine. Jusque-là, la compétition demeure relativement standard, avec quelques métrages pourtant dignes d’intérêt. Tel cet étonnant film syrien, «During Revolution» de Maya Khoury, épousant le point de vue d’une femme qui filme les siens tout en demeurant hors champ. Une sorte de fresque entre 2011 et 2017 prend forme sous nos yeux, et le travail à l’origine du film est assez sidérant. Également apprécié, «Yokogao» du Japonais Koji Fukada met à mal les travers de sa société à travers une histoire d’enlèvement. Mais on a le droit de lui préférer l’émerveillement poétique suscité par «Technoboss» du Portugais Joao Nicolau, portrait cocassed’un technicien tout près de la retraite qui rythme son quotidien en chantant. Lui aussi dans un registre décalé, «Das freiwillige Jahr» des Allemands Ulrich Köhler et Henner Winckler, relecture souvent savoureuse de l’absurde relation entre un père et sa fille, est digne d’être cité. Autant de coups de cœur en mode mineur qui nous font désormais attendre le gros morceau du concours, «Vitalina Varela» de Pedro Costa, ainsi que le film de Basil da Cunha, «O Fim do mundo», deuxième long métrage d’un réalisateur doué formé à la HEAD de Genève, où du reste il vit. Deux découvertes visibles vers la fin du festival. P.G.

Créé: 12.08.2019, 21h36

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