Un trio de choc chez Arnaud Desplechin.

Festival de CannesCinéaste du romanesque, le Français traque le réel en se frottant pour la première fois au polar dans «Roubaix, une lumière». Roshdy Zem y fait face à Léa Seydoux et Sara Forestier.

De gauche à droite, Roshdy Zem, Sara Forestier, Arnaud Desplechin, Léa Seydoux et Antoine Reinartz.

De gauche à droite, Roshdy Zem, Sara Forestier, Arnaud Desplechin, Léa Seydoux et Antoine Reinartz. Image: Keystone

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Une nuit de Noel à Roubaix. La commune la plus pauvre de France. Le taiseux commissaire Daoud (Roshdy Zem) sillonne la ville. Véhicule incendié, bagarres, plaintes, les affaires courantes. Mais rapidement une enquête va prendre le dessus. En compagnie d’un bleu qui vient de débarquer, Daoud va devoir résoudre le meurtre d’une vieille dame solitaire.

Ses voisines Claude et Marie (Léa Seydoux et Sara Forestier), un couple d’une trentaine d’années, sont rapidement suspectées. Alcooliques, toxicomanes et sans le sou, elles vont finir par avouer avoir tué Lucette, 83 ans, dans son lit. Un crime sordide et dérisoire.

Changement de registre très réussi

C’est la première fois qu’Arnaud Desplechin, cinéaste du romanesque, revenu pour l’occasion dans sa ville natale et désireux de filmer le réel s’attaque au polar. Le changement de registre est très réussi. «Il fallait que tout soit vrai» souligne le réalisateur qui dit s’être notamment inspiré d’Hitchcock dans «Le faux coupable».

Cet habitué de Cannes en lice pour la Palme d’or livre un polar noir, métaphysique, singulier, sans suspense, principalement centré sur l’investigation, les témoignages, les interrogatoires, les dépositions, la reconstitution du crime. C’est la force du film, basé sur une garde à vue authentique ayant déjà fait l’objet d’un documentaire en 2002, «Roubaix, commissariat central».

Des prix dans l'air

Cette brillante version fictionnelle, qui sonde les profondeurs de l’âme des victimes et des coupables, est sublimée par le face à face entre Roschdy Zem, Léa Seydoux et Sara Forestier. Les trois sont tout simplement impressionnants. Il y a du prix dans l’air pour l’auteur et ses interprètes.

Roshdy Zem compose un policier empathique, qui tient à la fois du prêtre, de l’assistant social et du psychanalyste. Jamais dans le jugement, il veut comprendre, amener les deux femmes à la dérive se confesser par le dialogue et la douceur.

«Il ne demande pas pourquoi, mais comment, cherchant ainsi à ramener Claude et Marie hébétées, perdues, sur le plan de l’humain», dit Arnaud Desplechin. «Daoud est une sorte d’utopie un peu folle, à la bonté absolue.»

(TDG)

Créé: 24.05.2019, 15h34

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