Le tandem d’«Intouchables» se rit du mariage

InterviewEric Toledano et Olivier Nakache ont demandé à Jean-Pierre Bacri de tenir le rôle de «wedding planner» dans la comédie «Le sens de la fête».


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C’est un tandem gagnant. Tout ce qu’Eric Toledano et Olivier Nakache filment se transforme en or. Du moins depuis le triomphe d’Intouchables. Leur nouveau film, Le sens de la fête, se déroule entièrement le jour d’un mariage huppé, avec un Jean-Pierre Bacri en grand organisateur de l’événement. Suite de scènes cocasses, de quiproquos, de dilemmes et de psychodrames, le film combine le sens de l’absurde à une folie douce nullement déplaisante. Pour en parler, nous retrouvons Eric Toledano seul, Olivier Nakache assurant la promo en parallèle avec d’autres médias.

– Il n’y a sans doute pas pire, pour un cinéaste, que de tourner une séquence de mariage. Là, elle occupe tout le film. Ce n’était pas un calvaire?

– Disons que nous savions que nous nous engagions dans un casse-tête. En même temps, le film, c’est ce mouvement entre tous ces gens. Autour d’une seule question: quel sens donne-t-on aujourd’hui à la fête? Ce n’est pas un secret, le monde est en ce moment chaotique et les gens essaient de conserver des lueurs d’espoir malgré tout. C’est l’état d’esprit que nous voulions perpétuer. Mais c’est vrai que nous avons ramé. Il y a eu la pluie, la crue de la Seine tout près, les arbres qui tombent les uns sur les autres. Tout a changé 27'000 fois.

– Pourquoi avoir choisi l’organisation d’un mariage comme fil rouge?

– Nous sommes fascinés par les mariages. C’est un jour censé être particulier et surtout inoubliable. Il faut que tout soit parfait, réglé comme du papier à musique. C’est à la fois un vaste terrain de jeu et une manière plus ou moins artificielle de faire cohabiter des gens différents. Et nous en avons tous vécu. Ensuite, on ne s’est pas privé de réfléchir le film en termes de mise en scène en regardant d’autres titres qui traitaient soit du même sujet, soit d’un thème parallèle. The Party de Blake Edwards, Les nouveaux sauvages de Damian Szifron, Un mariage de Robert Altman, et même La règle du jeu de Jean Renoir. Nous les avons tous revus.

– Qu’en avez-vous retenu?

– Qu’il faut un certain réalisme d’ensemble pour que le spectateur rentre dedans. Sinon, on fait du surplace à l’extérieur du groupe et cela ne sert à rien.

– Le mélange des comédiens, certains provenant d’horizons et de familles très différents, est assez étonnant. Comment s’est constitué le casting?

– Comme pour un mariage, en mélangeant les familles, justement. Vincent Macaigne est plus connoté cinéma d’auteur. Alban Ivanov provient du Jamel Comedy Club. Suzanne Clément est surtout connue au Québec. Et ainsi de suite. Il y a un brassage d’origines. Et la preuve qu’on aime toutes les sortes de cinéma.

– Plus Bacri, par-dessus tout ça, qui tient le rôle principal…

– C’était la motivation première du film. Sans lui, je ne sais pas si nous l’aurions réalisé. Je me souviens que nous tenions le sujet, mais n’avions encore rien écrit. Et qu’il n’avait pas dit oui. Nous l’avons d’abord rencontré à Saint-Germain, sans autre, juste pour savoir si on avait une chance de le convaincre. Il possède une musique particulière pour la comédie et nous désirions jouer cette partition.

– Depuis Intouchables, subissez-vous la pression du box-office?

– Disons que là, on se dirige vers un public qu’on suppose large. Sans jamais avoir l’idée de battre un record. Ce qui s’est passé sur Intouchables nous a dépassés et reste unique.

– Comment avez-vous fixé le titre, Le sens de la fête?

– Il fallait qu’il soit difficilement classable. Qu’il n’évoque ni la comédie ni le drame. Le terme «sens», c’est notre regard à nous. Quant à l’affiche, elle suggère aussi quelque part la solitude du personnage central au milieu de ce tohu-bohu.

– Est-ce que vous songez déjà au prochain film?

– Il y a bien une idée qui nous taraude et qui traite de l’autisme. Un sujet proche d’Intouchables. C’est bien pour cela qu’on doit y travailler encore. (TDG)

Créé: 04.10.2017, 17h10

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