Sissi revient sur les traces de son destin

CinémaUn film est tourné de Montreux à Genève, où l’impératrice a vécu ses ultimes heures, il y a 120 ans.

Elisabeth Kanettis (Sissi) et Chistina Laas (sa dame de compagnie) sont filmées dans la chambre où la «Mouette noire» a passé sa dernière nuit à Caux.

Elisabeth Kanettis (Sissi) et Chistina Laas (sa dame de compagnie) sont filmées dans la chambre où la «Mouette noire» a passé sa dernière nuit à Caux. Image: Chantal Dervey

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«Cet assassinat était-il dû au hasard ou au destin? C’est ce qui m’interpelle», explique le réalisateur autrichien Christoph Rohner. Avec son équipe, il tourne ces jours un court métrage, de Montreux à Genève, sur les lieux où Sissi a vécu ses ultimes heures avant de tomber sous le couteau de l’anarchiste italien Luigi Lucheni, le 10 septembre 1898 à Genève, d’où elle s’apprêtait à regagner son domicile montreusien. C’est là, au Grand Hôtel de Caux, que les premières scènes de «La petite mort: la rencontre inopinée de Luigi Lucheni et d’Elisabeth» sont tournées, notamment dans la chambre où la princesse bavaroise a passé ces neuf dernières nuits montreusiennes du 30 août au 9 septembre 1898, avant de s’en aller découcher au Beau-Rivage Palace à Genève. Car, lors de son dernier séjour vaudois, il y a 120 ans, la «Mouette noire» n’a pas logé au Grand Hôtel de Territet, son lieu de villégiature habituel, faute de place ou en raison de la chaleur estivale. Ni d’ailleurs au Caux-Palace. Comme pour indiquer que cette année ne serait pas comme les autres.

«C’est la première fois qu’un film sur Sissi est tourné au Grand Hôtel de Caux», relève Evelyne Lüthi- Graf, directrice des Archives hôtelières suisses et coordinatrice du projet sur les bords du Léman. Ce qui réjouit particulièrement Christoph Rohner sur les traces des dernières tranches de vie d’Elisabeth d’Autriche. Et cela d’autant plus que l’ancien Grand Hôtel de Caux, actuel siège du Centre de conférences Catharose de Pietri et propriété de la Fondation Lectorium Rosicrucianum, vient d’être classé monument d’importance nationale. Mais c’est avant tout pour marquer les 120 ans de la mort de Sissi que les Rose-Croix ont ouvert les portes du bâtiment.

Un étrange rapport avec la mort

Dans ce cadre authentique, Christoph Rohner réalise néanmoins une fiction en voulant esquisser une hypothèse: «J’ai le sentiment que Sissi et Lucheni étaient très proches et auraient pu se comprendre, voire tomber amoureux. Ils avaient le même mépris pour la monarchie. Elle parlait de suicide et lui, frustré du meurtre avorté du duc d’Orléans, voulait tuer. En tout cas, les circonstances de cet assassinat et les coïncidences qui l’ont marqué laisse la place à une large interprétation.»

Le réalisateur joue sur l’étrange rapport de l’impératrice d’Autriche et reine de Hongrie avec la mort. Inconsolable du décès tragique de son fils par suicide, la souveraine ne portait plus que des tenues de deuil. La «Mouette noire» a toujours eu une prémonition de mort violente après les décès tragiques de son fils, de sa sœur dans l’incendie du Bazar de la Charité à Paris ou encore de son cousin Louis II de Bavière. Et, bien avant son assassinat, elle répétait que son âme s’échapperait d’un trou de sa poitrine. Son professeur de grec d’ailleurs a confié qu’elle croyait à la réincarnation.

Dans ce contexte funeste, les interprètes, eux, prennent leur rôle particulièrement à cœur. Elisabeth Kanettis (Sissi) ne délaisse pas son étouffant corset pour se fondre dans le sien. Et un soin particulier est donné aux costumes. Il a fallu un an et demi pour réaliser celui de l’actrice principale.

«Le film, qui sera présenté à plusieurs concours, devrait faire rayonner la région», anticipe Evelyne Lüthi-Graf. Les acteurs locaux se sont d’ailleurs bousculés pour le soutenir. Le Caux-Palace, propriété d’Initiatives et Changement, a mis ses locaux à disposition de la réalisation. Établissement historique, l’Hôtel Masson héberge l’équipe de tournage, alors que la CGN a affrété spécialement un bateau Belle Époque pour les besoins du court métrage. À l’autre bout du Léman, les Fêtes Costumées genevoises ont offert la figuration en costumes sur le bateau et les promenades.

Créé: 06.10.2018, 13h52

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