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«Les siffleurs» et leurs tics de langage

Avec ce film, le Roumain Corneliu Porumboiu était pour la première fois en compétition à Cannes.

«Les siffleurs», le nouveau Porumboiu.
«Les siffleurs», le nouveau Porumboiu.
DR

Quelque part en Espagne, sur une petite île des Canaries qui s'appelle La Gomera, les habitants communiquent en sifflant. Cette langue s'appelle le silbo. C’est dans ce contexte étrange, presque absurde, que le cinéaste roumain Corneliu Porumboiu situe son nouveau film, un polar incongru et unique qui semble reposer sur d’autres codes de lecture que ceux du policier traditionnel. Ici, des voyous locaux tentent de faire évader l’un des leurs, un truand à la tête d’un pactole de 30millions d’euros. Mais il est surveillé par une procureure qui a elle-même dépêché un inspecteur de police.

Cette réalité, banale lorsqu’on l’énonce ainsi, se retrouve mise en perspective par le langage qui a cours ici. Dans «Les siffleurs», Porumboiu parvient à nous désarçonner par ce simple décalage entre les parlers, par cette déviation qu’il fait subir à la communication. Par la force des choses, son cinéma revêt tout à coup un autre visage.

La radicalité sévère de «Policier, adjectif», la folie de «Match retour» se trouvent en quelque sorte dépassées dans un métrage tout aussi imprévisible. Coproduit par des Genevois, ceux de Bord Cadre Films et l’indépendant Jamal Zeinal Zade, «Les siffleurs» figurait en compétition au dernier Festival de Cannes, ce qui était une première pour le grand cinéaste roumain. Une sélection qui fait sens dans la mesure où on sent très bien que le metteur en scène cherche à s’universaliser. Très étonnant.

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