«Roads» dérape en beauté sur la voie de la fraternité

CinémaL’Allemand Sebastian Schipper embarque dans un road-movie intime.

Face à l’inégalité, Gyllen (Fionn Whitehead) déguste.

Face à l’inégalité, Gyllen (Fionn Whitehead) déguste. Image: PATHÉ

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À la cinquantaine, le réalisateur Sebastian Schipper confirme son statut de touche-à-tout inspiré de la Nouvelle Vague allemande. Acteur pour Tom Tykwer («Cours, Lola, cours») ou producteur de Maren Ade («Toni Erdmann»), cet indépendant à la carrière atypique persiste à voir dans le cinéma une expérience existentielle. Ainsi de «Roads», road-movie tourné en chronologie du Maroc à l’Espagne et la France.

Au volant d’un camping-car chouravé à ses parents, Gyllen, 18 ans, s’émancipe. Le jeune homme qui sait à peine conduire découvrira l’amitié, puis l’amour, avec un jeune Congolais ramassé au bord de la route. A priori purement hédonistes, les motivations des garçons se corrodent peu à peu de rouille existentielle, trempées dans le danger d’aventures interlopes. Ayant subi racisme et homophobie, William joue les grands frères pour son compagnon encore naïf.

Dans la jungle de Calais, leur parenthèse enchantée se referme sur la vision brutale des migrants. Comme quand il braquait avec «Victoria», hold-up réalisé en un seul plan-séquence porté avec un charme teigneux par Laia Costa, le cinéaste s’en remet beaucoup à son tandem d’acteurs. Fionn Whitehead, beau gosse qui s’ignore à la douceur candide, réussit à ne pas fondre sous le charme solaire et insolent de Stéphane Bak.

Ce dernier fait aussi son bout de chemin dans ce partenariat qui claque, à la fois muré dans un orgueil qui se refuse à la soumission et ouvert à des sentiments qui chahutent sa raison. «Roads» et ses culs-de-sac sociétaux trouve alors un début d’ampleur inespérée malgré son air de déjà-vu. Dommage que l’expérience n’aille pas plus loin, tant le propos demeure de pleine actualité.

Créé: 16.07.2019, 19h03

«Roads»
Chronique
(All., 100’, 12/12)
Cote: **

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