Plongée fiévreuse au cœur du «New York Times»

Etats-UnisLe documentaire «The Fourth Estate» a suivi le grand quotidien dans le tourbillon de la première année de l'administration Trump.

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Photo d'illustration. Image: AFP

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Entre ses scoops à la chaîne et les attaques incessantes qu'il subit de la part du président des Etats-Unis depuis janvier 2017, le «New York Times» occupe une place unique dans le paysage médiatique américain et même mondial.

Durant un an, il a ouvert ses portes aux caméras de la réalisatrice Liz Garbus, qui a bénéficié d'un accès exceptionnel pour son documentaire en quatre parties, qui sera diffusé à partir de dimanche sur la chaîne câblée Showtime.

Elle a pu ainsi capturer quelques instants qui resteront dans l'histoire de la rédaction, comme cette première percée du «Times» dans son enquête sur les relations entre l'équipe Trump et la Russie.

«Je pensais que le meilleur moyen de combattre les attaques contre la presse, c'était d'être transparent», a expliqué le directeur de la rédaction du quotidien, Dean Baquet, lors d'une table ronde organisée par le festival du film de Tribeca.

«Je me disais que si les gens avaient la possibilité de voir l'intérieur de la rédaction du New York Times», a-t-il ajouté, «ils verraient des imperfections, (...) mais aussi quelque chose de plus important, c'est-à-dire des gens qui travaillent dur pour couvrir l'actualité et remplir leur mission collectivement.»

De fait, si Donald Trump présente invariablement le «Times» comme malhonnête et biaisé contre lui, «The Fourth Estate» montre, au contraire, des journalistes en quête de vérité, torturés par l'idée de se tromper ou de relayer une erreur.

«Etre inattaquables»

«J'en perds le sommeil», glisse Mark Mazzetti, l'un des membres de l'équipe constituée au sein du bureau du journal à Washington pour se concentrer sur le dossier russe. «Quand vous avez une Maison Blanche qui est à ce point décidée à assassiner tout ce que vous faites, vous faites encore plus d'efforts pour vous assurer que vous êtes inattaquables», a expliqué Julie Hirschfeld Davis, correspondante à la Maison Blanche, lors de la table ronde.

Bouclages, relectures, travail de sources, débats, désaccords, les moments classiques de la vie d'un quotidien sont tous ici empreints d'une tension supplémentaire, renforcée par la présence inhabituelle d'une caméra, qui donne au film une dimension dramatique saisissante.

Le documentaire est aussi l'occasion de prendre la pleine mesure de la force de frappe unique du «Times» pour couvrir l'administration Trump, avec plus de dix journalistes au total dédiés à la Maison Blanche et à la cellule enquête de Washington.

Cadence infernale

Mais le rythme de l'administration Trump est tel que tous, ou presque, font des horaires à rallonge, souvent jusque tard dans la soirée, pour suivre ce dirigeant d'un genre nouveau.

«C'est du continu», a résumé Elisabeth Bumiller, la cheffe du bureau de Washington, lors de la table ronde. «Il y a parfois une nouvelle histoire toutes les heures et demi. Et ça continue le week-end». «Cela n'a pas arrêté depuis un an et demi».

Alors que les documentaires du genre ne sortent quasiment jamais du cadre professionnel, Liz Garbus a tenu à filmer les journalistes chez eux, pour ouvrir le champ.

«Quand vous considérez que la presse, ce sont de vrais êtres en chair et en os, des gens biens qui travaillent dur, vous ne pouvez plus les voir comme l'ennemi», a-t-elle expliqué, en référence aux attaques du président américain et d'une partie des conservateurs. «C'est pour ça que c'était important.» (afp/nxp)

Créé: 25.05.2018, 09h52

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